Le FN a récemment lancé le collectif "banlieues patriotes"
Le FN a récemment lancé le collectif "banlieues patriotes" © MaxPPP / Thomas Padilla

Ce week-end, les cadres du FN se sont réunis dans l'Essonne. Ils ont tenu un bureau politique à huis clos pour définir la stratégie pour 2017. Avec comme fil rouge cette question : comment faire sauter le plafond de verre et gagner de nouveaux électeurs ?

Pour cela, le Front national a décidé de cibler les quartiers populaires à travers son collectif "Banlieue patriotes ". C'est le septième collectif que lance le parti, après celui sur l'éducation nationale, la culture ou encore l'écologie.

Le responsable de Banlieues patriotes a 20 ans. Il s'appelle Jordan Bardella. Ce descendant d'immigrés italien a grandi à Drancy et a été propulsé à la tête de la fédération de Seine-Saint-Denis avant d'être élu aux dernières régionales.

C'est une minorité qui empoisonne la vie de la majorité , on propose l'ordre républicain (...) Nous entendons permettre à l'État d'assurer la sécurité, de désarmer les caves des cités, de ne pas fermer les yeux sur les trafics, sur la montée du fondamentalisme, estime le "Monsieur Banlieues" du FN

Un discours qui s'affine pour le FN en banlieue. Entre 2005 et 2012, c'est Alain Soral qui a tenté d'aller chercher une partie de cet électorat, notamment issu de l'immigration. Le numéro 2 de Banlieues patriotes s'appelle Guy Deballe, un Français d'origine centrafricaine qui a milité dix ans au Parti socialiste.

►►► Guy Deballe, ancien militant PS, désormais n°2 du collectif Banlieues patriotes lancé par le FN

A : Ils ne sont pas nombreux mais certains habitants issus de ces quartiers se tournent vers Marine Le Pen . C'est le cas d'Hocine à Drancy. Il est encarté depuis les attentats. Et reconnaît qu'il fait figure d'exception.

Ce qui s'est passé avec les attentats, c'est malheureusement le résultat d'un laxisme tota l. À cause de tout ça, des gens que je connais qui sont là pour étudier, s'installer, s'intégrer, sont amalgamés avec des terroristes qui n'ont rien à voir avec l'Islam, qui ne veulent pas s'intégrer. Marine Le Pen ce qu'elle dit, j'aimerais bien la voir à l'oeuvre, déclare Hocine, encarté au FN depuis peu

Dans les quartiers populaires, les habitants votent majoritairement à gauche . Plus de 80% pour François Hollande en 2012, pour l’électorat arabo-musulman, qui s’y concentre. Pour Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion de l’IFOP, capter l'attention de cette population risque d'être très compliqué pour le FN.

Si l'objetif du Front national c'est de s'adresser à la population issue de l'immigration récente, à partir du moment où la colonne vertebrale du discours idéologique du Front national, c'est la question de menace islamique du grand remplacement, la question identitaire qui est le carburant fondamental du vote FN, le Front national aura toutes les peines du monde à capter une partie de la population qu'il met en exergue en permanence, estime Jérôme Fourquet de l'IFOP

Acrobatique grand écart pour le FN et « Banlieues patriote »… Ce qui ne rassure pas vraiment Olivier Klein, Maire socialiste de Clichy-Sous-Bois, où dix ans de rénovation urbaine ont transformé les quartiers d’où étaient parties les émeutes en 2005, sans bien sûr tout régler. ►►►Le maire socialiste de Clichy-sous-Bois Olivier Klein s'inquiète de la montée du FN au-delà de son électorat et il estime que la gauche ne doit pas se droitiser pour lutter contre le FN

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