La grande distribution annonce à longueur de publicités vouloir nous vendre des produits plus verts, plus respectueux de la nature ou du bien-être animal. Un coup de pub ?

Dans les rayons dédiés au bio fleurissent dans les grandes surfaces, comme ici dans un magasin de Mont-de-Marsan
Dans les rayons dédiés au bio fleurissent dans les grandes surfaces, comme ici dans un magasin de Mont-de-Marsan © AFP / LOIC VENANCE

À première vue, tout cela a des allures de grande lessive bio, comme dans le supermarché que gère Alexis Weber à Paris.

Là, c'est un exemple extrême. Car les produits bio dans les grandes surfaces ne représentent que 2 à 3% du chiffre d'affaire. Mais Serge Papin, le patron de System U le jure la main sur le cœur : "tout cela ce n'est pas que de la pub".

Et ça cela n'a pas l'air de convaincre Claude Gruffat, le patron du réseau Biocoop, l'une des premières enseignes bio.

En fait, si les enseignes deviennent plus vertes, c'est aussi parce qu'il faut qu'elles trouvent d'autres moyens pour attirer le client que les prix bas, comme l'explique Serge Papin.

Vers une disparition de tous les produits qui ne seraient pas bon pour la santé ?

On pourrait croire que cet essor du bio pourrait amener à la disparition des produits qui sont néfastes pour la santé. Mais ce n'est pas le cas, et c'est là l'astuce : les substances controversées genre huile de palme ou colorants vont disparaître des produits en marque de distributeur uniquement et encore pas tous selon les enseignes. Pour les autres produits, ceux des marques nationales, ils resteront en rayon.

On voit donc bien que la prise de conscience a ses limites, même si quelques industriels surfent sur la vague en proposant aussi des produits plus écolos.

Les œufs de poules élevées en cage, sujet de discorde

Ces derniers mois, on a beaucoup parlé des œufs de poules élevées en cage. Et c'est clairement le dossier qui fâche. Après avoir mis les élevages aux normes européennes avec les fameuses cages en 2012, voilà que les grandes surfaces annonces qu'elles ne veulent plus vendre d' œufs issus de poules élevées en cage au nom du bien-être animal et ce dès 2020.

Une mesure impossible, selon Christiane Lambert, la vice présidente de la FNSEA.

Au-delà de cela, il y a un problème de taille : le prix des œufs de poule élevées en plein air est bien plus élevé, comme l'explique Philippe Juven, producteur d'œufs dans la Drôme.

Vous le voyez, dans les grandes surfaces, on est encore assez loin de la révolution verte.

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.