Zoom sur le CBSP, le comité de Bienfaisance et de secours aux Palestiniens, une organisation française crée en 1990... Sur les neuf français retenus par les soldats israéliens, sept font partie de cette assocation, qui a une réputation sulfureuse, une réputation que le comité traine depuis le début des années 2000. A cette époque, deux enquêtes sur des liens financiers avec le Hamas ont été ouvertes. A chaque fois, le C.B.S.P est blanchi. Et puis, il y a 2003 : année où l'administration américaine classe le CBSP dans sa liste des "entités finançant le terorisme". Interview de Kamel Béchik, porte parole du comité. Il se défend d'appartenir à une organisation accusée d'être l'ossature financière du Hamas en France. En revanche, il explique que pour travailler à Gaza, les contacts avec les dirigeants sont inévitables (interview) On trouve aussi le nom du CBSP dans des enquêtes aux Etats-Unis également, affirme un spécialiste du terrorisme. L'avocate historique du comité, elle, relève qu'il reste bien une enquête en cours, depuis sept ans. Et elle ne débouche sur rien. Interview de Liliane Glock, de la transparence du comité. Depuis qu'il figue sur cette liste américaine, les comptes de l'organisation auraient du être gelés mais ça n'a jamais été le cas. En fait, le CBSP travaille avec une centaine d'associations sur ces zones d'intervention. Gaza, la Cisjordanie, les camps de réfugiés en Jordanie. Et ce sont ces associations qui font remonter les projets, quand ils sont validés, l'argent est envoyé, et donc utilisé. Et c'est là que les détracteurs du comité s'inquiètent des véritables destinataires de l'argent. Meme si le Quai d'Orsay a un droit de regard sur les activités de ces organisations là-bas sur le terrain. Mais c'est aux Etats-Unis que les soupçons sont les plus prononcés. Jean Charles Brisard a longuement enquêté pour les familles de victimes du 11 septembre 2001. Il parle de doutes, de questions autour du CBSP (interview). Le comité revendique 70 mille donateurs. L'an passé, le comité a récolté près de 14 millions d'euros. D'un point de vue religieux, le CBSP ne cache pas sa proximité avec l'UOIF, branche de l'islman proche des frères musulmans. Ce qui en fait une association humanitaire à part, explique Samir Amghar, chercheur et spécialiste de l'islam de France. ____Un reportage de Vanessa Descouraux.

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