Un reportage signé Yann Gallic, en direct de Saint-Denis, à la Réunion La Réunion est aujourd’hui rattrapée par la crise économique. Le taux de chômage atteint presque 30%. C’est trois fois plus qu’en métropole et les inégalités sociales continuent à se creuser. La moitié de la population réunionnaise vit en dessous du seuil de pauvreté national, c’est-à-dire avec moins de 950 euros par mois. Dans les rues de Saint-Denis, cette misère n’est pas visible au premier coup d’œil. Il faut aller dans les quartiers populaires comme celui du Chaudron. Le dimanche, jour de marché, quand les vendeurs commencent à remballer leurs étals, au milieu des camions de nettoyage, on voit des glaneurs par dizaines qui fouillent dans les cagettes. Il y a là une vieille dame en train de remplir le coffre de sa voiture avec des fruits et légumes ramassés sur le bitume. Elle refuse de parler au micro, un peu gênée : "Je n’ai pas assez d’argent, me dit-elle, pour payer les courses". Et comme la vie est ici plus chère qu’en métropole, beaucoup de Réunionnais ont du mal à assurer les dépenses quotidiennes. Jules est marchand de légumes à Saint-Denis. Interview de Jules La situation réunionnaise est assez paradoxale : c’est le Département d’Outre-Mer où les revenus ont le plus progressé ces dernières années. Pourtant, près de 400 000 personnes vivent dans la pauvreté. Et quand on regarde la part des bénéficiaires du RSA, l’île détient toujours le record de France en la matière, même s’il ne faut pas tomber dans le cliché habituel de l’assistanat, selon Jean-Yves Rochoux. Il est économiste à l’université de La Réunion. Interview de Jean-Yves Rochoux - Fragilisée, l’économie réunionnaise ne crée plus assez d’emplois. Conséquence : un jeune sur deux se retrouve au chômage. Pour les moins de 30 ans, les perspectives d’embauche sont limitées, surtout lorsqu’on habite dans les montagnes au cœur de l’île. Exemple à Salazie : c’est un petit village entouré de falaises verdoyantes. Tous les soirs, les jeunes du coin se donnent rendez-vous sur la place de la mairie. Ils écoutent du reggae en buvant des bières et en fumant du zamal, la marijuana locale. C’est ici que j’ai rencontré Patrice, un grand gaillard de 26 ans. Il a enchaîné les contrats précaires. Aujourd’hui chômeur, il aimerait tenter sa chance en métropole. Interview de Patrice - Le chômage de masse touche de plus en plus les jeunes diplômés. Et c’est un phénomène assez récent à La Réunion, contrairement à la métropole. Après cinq ans d’études supérieures, Gilles Leperlier prépare les concours de l’Education nationale à Saint-Denis. Il a fondé l’Alliance des Jeunes pour la Formation et l’Emploi, une association qui milite pour l’embauche prioritaire des jeunes réunionnais. Interview de Gilles Leperlier

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