Taxe sur les transactions financières
Taxe sur les transactions financières © MaxPPP / Vincent Isore

Ce soir « Secrets d’info » va se pencher sur le projet de taxe européenne sur les transactions financières.

Bonjour Jacques Monin, cette taxe, François Hollande la défend. Mais on se rend compte que, si le projet patine, c’est paradoxalement parce que la France freine des quatre fers.

Pour résumer les choses, on n’arrivait pas à la faire à 28, parce que Londres et la City n’en voulaient pas. On s’est donc associé à onze pour faire avancer le projet. Mais depuis deux ans, ça bloque. Parce qu’il y a le discours officiel, et les coulisses. Ecoutez ce qu’en dit Jean Michel Naulot , c’est un ex banquier d’affaire, qui a exercé des responsabilités à l’Autorité des Marchés Financiers .

32 sec

Jean-Michel Naulot

Ce qu’on sait peu, c’est que la France est une championne des produits dérivés. Des produits financiers qui permettent d’assurer les sinistres les plus improbables, de la hausse du prix du pétrole à l’invasion d’un pays par les criquets. Nous représentons à nous seuls 20 pour cent du marché mondial. Ce qui est énorme.

La France veut donc bien qu’on taxe les actions, mais pas les dérivés. Et elle est poussée dans cette voie par la Fédération française des banques . Pour sa présidente, Marie Anne Barbat Layani , si le projet voit le jour, les investisseurs étrangers risquent de s’en aller.

19 sec

Marie-Anne Barbat Layani

Le message est donc reçu 5 sur 5 à Bercy. D’autant plus qu’il existe une forme de consanguinité entre certains hauts fonctionnaires et les milieux financiers, explique Dominique Plihon , co-auteur du Livre noir des banques .

22 sec

Dominique Plihon

A Bercy, on reconnait que c’est bien la France qui bloque sur les dérivés. Mais on assume désormais l’idée qu’il serait dangereux de faire une taxe qui nuirait à la finance française. C’est la position de Michel Sapin . Mais aussi celle de son prédécesseur, aujourd’hui à Bruxelles, Pierre Moscovici .

20 sec

Pierre Moscovici

La France a donc fait traîner, jusqu’à ce que François Hollande , début janvier, ici même, sur France Inter , annonce qu’il allait relancer la machine. Et effectivement, on va maintenant vers une solution qui pourrait faire consensus : taxer tous les produits, y compris les dérivés, mais à un taux très faible.

Mais les ONG se montrent hostile à cette solution parce que l’argent récolté doit servir à la lutte contre le Sida et contre les conséquences du réchauffement climatique. Et pour Alexandre Naulot , de l’ONG Oxfam , le compte n’y sera pas.

18 sec

Alexandre Naulot

C’est tout le paradoxe du sénario qui se profile. Chacun pourra crier victoire parce qu’un compromis sera trouvé, et une taxe verra enfin le jour… Mais une taxe à minima qui risque de décevoir y compris ses propres bénéficiaires…

« Quand la France défend la mauvaise finance», c’est donc une enquête à suivre en intégralité ce soir dans secrets d’info.

Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.