L'Autriche est gouvernée par une coalition entre la droite conservatrice et l'extrême droite depuis décembre 2017. Avec pour conséquences une politique migratoire plus dure et un rejet de l'islam. Reportage dans le nord du pays, à Wels, une ville dirigée par l'extrême droite depuis déjà trois ans.

Manifestation contre le gouvernement à Vienne, la capitale autrichienne
Manifestation contre le gouvernement à Vienne, la capitale autrichienne © Radio France / Yann Gallic

Wels est une ville de 60 000 habitants située au cœur d'une région industrielle. Ici, le taux de chômage ne dépasse pas les 5%. C'est quasiment le plein emploi grâce aux usines chimiques et métallurgiques des environs. Mais depuis 2015, cet ancien bastion de la gauche autrichienne est dirigé par le FPÖ

Le parti d'extrême droite a séduit les électeurs avec un programme axé sur la sécurité et un discours hostile aux étrangers. Le maire de Wels, Andreas Rabl, a pris des mesures pour limiter les aides sociales aux étrangers. L'attribution de logements, subventionnés par la ville, est désormais conditionnée à la maîtrise de la langue allemande : "Si au bout de cinq ou dix ans, vous ne parlez toujours pas bien l’allemand alors vous ne pouvez pas prétendre avoir droit à un tel logement car ça signifie que vous ne souhaitez pas vous intégrer !"

"Le racisme est de plus en plus agressif"

La Noitzmühle est l'un des quartiers populaires de la ville. C'est un ensemble d'immeubles aux façades jaunes et grises, regroupés autour de quelques espaces verts et de terrains de jeux pour les enfants. Cette petite cité a été construite dans les années 70 pour héberger les familles immigrées, essentiellement turques, venues s'installer dans la région. 

Marina Wetzlmaier habite dans le quartier où elle a travaillé comme éducatrice auprès des enfants en difficulté : "Des femmes qui portent le voile peuvent se faire aujourd’hui insulter dans la rue. La ville a engagé des agents de sécurité qui patrouillent et qui sont hostiles aux étrangers : ça crée un climat de tension." 

À l'approche des élections européennes, Marina Wetzlmaier ne se fait guère d'illusion. Le populisme risque une nouvelle fois de l'emporter dans un pays où les idées d'extrême droite se sont peu à peu banalisées.

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