Une horloge arrêtée à l'heure du séisme à l'entrée de la mairie de Nahara
Une horloge arrêtée à l'heure du séisme à l'entrée de la mairie de Nahara © Radio France / Nicolas Mathias

Les Japonais commémoreront vendredi les cinq ans d’une triple catastrophe. Le 11 mars 2011, le nord-est du pays est frappé par un séisme de magnitude 9, un tsunami dévasteur (18.500 morts) et une catastrophe nucléaire quand la centrale de Fukushima est ravagée par la vague géante. Cinq ans après, les travaux de démantèlement de la centrale et la décontamination des alentours sont très loin d’être finis.

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Naoto Matsumura, fermier, a refusé d'être evacué de Tomioka, à 12 km de la centrale
Naoto Matsumura, fermier, a refusé d'être evacué de Tomioka, à 12 km de la centrale © Radio France / Nicolas Mathias

Tomioka, une ville fantôme située à une douzaine de km de la centrale de Fukushima-Daiichi. Un paysage bucolique où l’ennemi est invisible. Ici, le haut parleur rappelle aux visiteurs qu’il faut partir avant 15h. Car si la ville de Tomioka est ouverte le jour,les habitants ont interdiction d’y vivre pour l’instant. Naoto Matsumura habite seul dans ce "no man’s land". Ce fermier a toujours refusé de quitter sa maison (et ses animaux), aujourd’hui en plein travaux de décontamination.

De ce côté-là du chemin, c’est presque terminé, et de l’autre ça va bientôt commencer. Dans les champs et autour des maisons on débroussaille, on enlève 5 cm de terre, et dessus on remet de la terre nouvelle. L'ancienne terre, on la met dans des sacs puis dans un lieu de stockage provisoire. À 4 km d’ici il y en a tellement, c’est écœurant !

A l'entrée de Nahara, stockage de terre contaminée
A l'entrée de Nahara, stockage de terre contaminée © Radio France / Nicolas Mathias

Ces montagnes de ballots noirs, il y en partout, entreposées dans des champs autour de la centrale de Fukushima. Un travail de sisyphe, pour Jan Vande Putte de Greenpeace.

On décontamine à 10 m des maisons, le long des routes. Mais ce sont des îles. Et on ne peut pas décontaminer les forêts. Or c’est 70 % du territoire de la préfecture de Fukushima. La radioactivité des forêts va retomber ailleurs...

Au total, 9 millions de mètres cube de terre et de déchets radioactifs déjà amassés . Un casse-tête à stocker pour les décennies à venir.

Dans la centrale, 7 000 personnes travaillent en permanence

Retrait des immenses de barres combustibles, stockage de l’eau de refroidissement, maîtrise des fuites dans l’océan… Yuichi Okamura, porte-parole de l’opérateur Tepco se veut rassurant.

Cinq ans après, on peut dire quela centrale de Fukushima est stabilisée . Il nous faudra entre 30 et 40 ans pour la démanteler.

Car le plus délicat reste à faire : retirer les combustibles qui ont fondu dans trois cœurs de réacteurs... Mais encore faut-il trouver la technologie adaptée. Le programme est suivi de près à Paris par l’institut de recherche et de sûreté nucléaire. Mais aussi par Greenpeace.

Ce qui inquiète surtout les voisins de la centrale de Fukushima, comme le fermier Naoto Matsumura, c’est le risque d’un nouveau tsunami.

Tout le monde en veut à Tepco : tout comme le gouvernement, il nous avait assuré que ça n’exploserait jamais. Mais à l’avenir, peut-être qu’il y aura d’autres tsunamis. Le Japon est le pays des tremblements de terre, donc les séismes et les tsunamis sont des choses qui arrivent.

Tepco a fait construire une digue de 14 mètre de haut devant la centrale. Soit la hauteur de la vague de mars 2011.

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