À Creil, dans l’Oise, le théâtre est un lieu culturel qui tente de toucher un public parfois très éloigné de la culture, malgré d'importantes difficultés financières.

Comme beaucoup d'autres structures en France, l'équipe du théâtre de Creil se bat pour une culture accessible à tous
Comme beaucoup d'autres structures en France, l'équipe du théâtre de Creil se bat pour une culture accessible à tous © Radio France / Claire Chaudière

Bienvenue à la Faïencerie ! Le théâtre de Creil, sur les bords de la rivière Oise, avec sa grande scène de 700 places, tient son nom de l’ancienne usine de faïence qui fit la renommée de la ville au XIXe siècle, et sur le site duquel a été construit l’édifice. Ce jeudi après-midi, le hall est rempli d’élèves de maternelle et de primaire (150 au total) venus voir le spectacle de danse Joseph Kids. Une performance au cours de laquelle les enfants peuvent rire de leurs reflets, et des drôles de mouvements des danseurs, projetés sur un écran géant. "Les touts petits n’ont aucune barrière, aucun préjugé. Ils savent dire ce qu’ils aiment ou pas. On forge leur esprit de citoyen", sourit Laurence Cabrol, responsable des relations avec le public. "Ça met du baume au cœur dans les journées difficiles".

Ce jeudi, 150 élèves de primaire et de maternelle assistent au spectacle de danse Joseph Kids
Ce jeudi, 150 élèves de primaire et de maternelle assistent au spectacle de danse Joseph Kids © Radio France / Claire Chaudière

Baisse de subventions et chômage technique

Parmi les principales missions du théâtre, amener les Creillois les moins favorisés, les plus éloignés des pratiques artistiques, à pousser la porte de la Faïencerie. "Dans le collège où j’enseigne, sur le plateau", explique Thibaut, professeur-relais en lien avec l’établissement culturel, "certains élèves ont du mal, ne serait-ce qu’à descendre vers le centre-ville. L’art leur permet d’exprimer leurs émotions, de prendre confiance".

Une effervescence et un enthousiasme qui succèdent à quelques semaines de morosité et d’activité au ralenti. La Faïencerie sort de deux mois de chômage technique et a vu sa programmation réduite. Baisses importantes de subventions du département, et désengagement de certaines municipalités… "On a beau dire, après chaque évènement dramatique, que la culture est primordiale, dans les faits c’est beaucoup plus compliqué", s’inquiète Jean-Jacques Burellier, secrétaire général de la Faïencerie. "Et vous avez entendu les candidats en parler ? Moi non…"

Dans les bureaux, Imane en service civique, Thibaut professeur relais, et Laurence Cabrol en charge des relations avec le public
Dans les bureaux, Imane en service civique, Thibaut professeur relais, et Laurence Cabrol en charge des relations avec le public © Radio France / Claire Chaudière

Fracture culturelle ?

En coulisse, sur les gradins avec les spectateurs, avec les programmateurs, sur le parvis du théâtre, quelles préoccupations à l’approche de la présidentielle ? France Inter a tendu son micro à des habitués du théâtre, qui craignent sa fermeture, rêvent de véritables "débats de fond" et d’une "civilisation des loisirs" où la culture serait créatrice d’emplois et non victime de la crise. Mais aussi à ceux qui trouvent la programmation de la Faïencerie "trop élitiste" et qui n’osent ou ne veulent pas aller y voir des spectacles.

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