A la fin des années 90, Pékin a décidé de faire de la recherche scientifique une priorité nationale. Retour des élites, formation de haut niveau, publications dans les meilleures revues et coopération avec les grands pays. Tout est fait pour hisser les sciences et techniques au rang international. Le plan quinquennal 2006-2010 confirme d'ailleurs la tendance. Un premier chiffre, la part de la richesse nationale chinoise consacrée à la recherche a progressé de 20,5% entre 1999 et 2003. Aujourd'hui 15 milliards d'euros sont injectés chaque année dans ce secteur. Progression foudroyante qui met d'ores et déjà la Chine au 3ème rang des investisseurs mondiaux en recherche et développement. De plus en plus de chercheurs aussi. Ils sont 800 000 aujourd'hui, plutôt jeunes d'ailleurs. Quant aux séniors, la chine les recrute à l'étranger. Sa politique consiste à faire revenir les chercheurs de la diaspora installés aux Etats-Unis notamment. Salaire de niveau international, facilités de logement, attribution d'une voiture de fonction, mutuelle, les incitations fonctionnent. A Pékin, le centre de recherche informatique où il faut être, c'est Microsoft research asia. Kurt Akeley, son directeur adjoint explique comment on s'y prend pour avoir les meilleurs. Interview de Kurt Akeley. Ces chercheurs ne sont pas encore tous au même niveau que leurs collègues étrangers, mais ils publient de plus en plus car ils ont compris que publier dans les revues internationales est un des facteurs de reconnaissance. Laurent Reffart, spécialiste de la reconstruction de la peau chez L'Oréal a récemment participé à un colloque international à Pékin sur ce thème. Il dit avoir été impressionné par les présentations faites par la communauté chinoise. Interview de Laurent Reffart. Et cet effort important consenti pour la recherche profite à toutes les disciplines. La Chine a réorganisé ses instituts, rationalisé les laboratoires en en fermant certains. Mais on peut dire que côté recherche fondamentale, recherche de base, des sciences du vivant aux mathématiques, des sciences de la matière à l'écologie, chaque secteur a droit à des aides financières. Les meilleures équipes, celles qui publient, sont favorisées jusqu'à obtenir le fameux label "laboratoire clé", ce qui assure d'un soutien en chercheurs et en moyens de fonctionnement et d'équipement. Et puis, du côté de la technologie, la Chine a aussi surpris le monde en 2003, quand elle fut la 3ème nation à envoyer un homme dans l'espace. En ce qui concerne la langue, pour que la communauté scientifique chinoise s'intègre dans le monde, le pays, conscient de son retard, met les bouchées double. L'anglais est la langue des chercheurs, là bas comme ici - ça ne pose pas de problème. On sent surtout une envie de coopération forte, ce qui se traduit par la création de laboratoires mixtes. Un exemple : le LIAMA. C'est un partenariat entre différents organismes publics français et l'Académie des sciences chinoise. Le LIAMA est installé depuis 7 ans à Pékin, dans ce qu'on appelle la silicon valley chinoise, tout près des universités. Il est très en pointe sur des programmes utilisant les mathématiques appliqués, et l'informatique. Quand on visite le LIAMA, on perçoit à quel point la Chine va vite. Tout y est moderne, très productif, porté par l'envie d'une science appliquée, utilisée pour comprendre et résoudre des problèmes de pollution, de gestions agricoles ou de lecture d'image satellitaires. Marc Jaeger, directeur français du LIAMA est convaincu de l'intérêt d'être présent en CHine. Interview de Marc Jaeger. Un dossier de Sophie Bécherel, journaliste spécialiste des questions scientifiques à France Inter.

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