Un reportage signé Franck Cognard La DCRI est-elle une police politique ? La question est largement posée depuis plusieurs semaines, depuis que le service de renseignement intérieur français est au centre d'une polémique sur l'espionnage de journalistes. La DCRI a admis avoir récupéré les factures détaillées du téléphone d'un journaliste du Monde , pour identifier une source. Elle est soupçonnée d'avoir géolocalisé deux journalistes de Médiapart et certains voient l'ombre de ce service derrière les vols d'ordinateurs de confrères travaillant sur l'affaire Bettencourt. Autrement dit, la DCRI marcherait largement en dehors des clous. La DCRI, c'est un service jeune, né il y a deux ans, de la fusion des RG et de la DST. Les objectifs des 3 300 policiers qui y travaillent : le contre terrorisme, le contre espionnage, la cybercriminalité ou les bandes, mais pas ce qui relève du politique, ce que faisaient les anciens RG. Alors, malgré ça, la DCRI est-elle une machine à scandales, comme l'écrivait Patrick Rougelet à propos des RG ? Cet ancien commissaire a quitté les RG après avoir dénoncé les dérives de ce service et il analyse les reproches faits à la DCRI. RG ou DCRI, peut importe le nom, c'est le pouvoir qui en fait un instrument déviant ou pas, c'est ça ? Déjà, l'excuse de la DCRI pour expliquer pourquoi elle avait en mains le détail des communications téléphoniques du journaliste du Monde est limite. C'était, expliquait un policier, pour identifier une fuite qui venait d'un haut fonctionnaire, qui pouvait mettre en danger les intérêts de la nation. Il faut quand même préciser que cette personne, si elle avait accès aux PV de l'affaire Bettencourt, n'avait pas le bouton nucléaire à portée de main non plus. Et s'il est avéré que la DCRI a pisté d'autres journalistes dans cette affaire, on voit mal où est l'intérêt policier. L'intérêt politique peut être plus. Et le vol des ordinateurs ? La PJ parisienne ne voit pas de lien entre les 3 vols au domicile et sur le lieu de travail des journalistes. Mais ce que disent différentes sources, c'est que si un service de renseignement voulait accéder au contenu d'un ordinateur, il suffit de le pirater discrètement. Donc c'est peut être plutôt une "officine à barbouzes", comme on dit, qui a fait le coup. Et puis même les ennemis de Bernard Squarcini, le patron de la DCRI, ne l'imaginent pas donner ce genre d'ordre idiot à un cabinet noir. C'est l'avis de l'ex-commissaire des RG, Brigitte Henri, accusée à l'époque d'appartenir au cabinet noir d'Yves Bertrand, ancien patron des RG. Alors, la DCRI police politique ? Chacun a son avis, mais le mot le plus important de cette expression est politique, pas forcément "police".

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