La fuite des cerveaux en Italie
La fuite des cerveaux en Italie © REUTERS/Max Rossi / REUTERS/Max Rossi

Les jeunes diplômés italiens sont de plus en plus nombreux à quitter le pays pour tenter leur chance à l'étranger. Cette émigration a pris de l'ampleur avec la crise économique et l'explosion du chômage des jeunes.

En Italie, le taux de chômage dépasse les 40% chez les moins de 25 ans, un record en Europe après la Grèce et l'Espagne. Aujourd'hui, même les plus diplômés ont du mal à trouver du travail. Du coup, ils choisissent la voie de l'exil à la recherche d'un avenir meilleur. Leurs destinations privilégiées : ce sont les pays d'Europe du Nord comme l'Angleterre et l'Allemagne mais aussi la Suisse et la France... qui reste très attractive.

L'an passé, près de 80 000 Italiens ont quitté le pays. Des jeunes diplômés pour la plupart : des chercheurs, des informaticiens, des medecins sans oublier les architectes et les ingénieurs qui ont vu leur revenu annuel baisser de 25% depuis 2008. Cette émigration massive touche surtout l'Italie du nord c'est-à-dire les régions les plus riches du pays.

La solidarité familale remise en cause

Face à la crise, les jeunes Italiens pouvaient compter jusqu'à présent sur la solidarité familiale. Mais c'est de moins en moins vrai. Véritable pilier de la société italienne, la famille est aujourd'hui fragilisée par les difficultés économiques.

La crise économique n'est pas la seule raison qui pousse les jeunes italiens à partir. Les candidats à l'exil dénoncent le népotisme et le piston généralisé qui plombent le marché du travail.

En attendant, cette fuite des cerveaux est un véritable handicap pour l'économie italienne. Le gouvernement d'Enrico Letta a promis d'investir un milliard et demi d'euros pour favoriser l'embauche des jeunes et pour tenter surtout d'enrayer cet exode qui menace l'avenir de l'Italie.

Les intervenants

Fulvio Sartor : Les cheveux bouclés, des petites lunettes vissées sur le nez et un visage presque enfantin, Fulvio a 27 ans. Ce jeune chercheur en aérodynamique a quitté Rome pour s'installer à Paris. Il travaille à l'ONERA, le centre français de recherche aérospatiale.

Vincenzo Cicchelli :Sociologue à l'université Paris Descartes et spécialiste de la jeunesse.

Giovanni Lo Storto : Directeur général de la LUISS. C'est l'une des plus grandes universités privées de Rome financée et gérée par le syndicat des patrons italiens.

Emanuele Toscano : jeune sociologue en contrat précaire : il touche à peine 1 500 euros par mois. Il a fait une partie de ses études à l'étranger. Mais il a choisi de revenir en Italie

La crise en Italie
La crise en Italie © Radio France
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