Nicolas Sarkozy sera aujourd’hui à Tbilissi pour exiger l'application du plan de paix, signé par la Russie. Depuis le 8 août, les troupes russes occupent les deux provinces d'Abkhazie et d'Ossétie du sud. Le député maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault est allé voir, sur place, la situation. Sa ville est jumelée avec Tbilissi. A Gori, à une heure de route, au nord de la capitale, Tbilissi, la zone a été bombardée par les russes pendant 4 jours. Mais contrairement à ce que disent les médias géorgiens, la ville n'est pas rasée. A première vue, tout a l'air normal, les maisons sont entières, pas de traces de destructions et puis on tombe sur des immeubles éventrés. Un lotissement où 13 personnes sont mortes. Eka vit dans son garage depuis qu'une bombe est tombée sur son appartement (interview). A l'intérieur des façades éventrées, des grappes d'ouvriers s'activent pour tout retaper. Derrière ces immeubles, on aperçoit 4 chars de l'armée géorgienne, postés sur la colline. Dans le reste de la ville, il y a ici et là des trous dans la chaussée, des impacts sur les façades, mais le plus impressionnant, c'est l'école et la crèche. Elles sont totalement détruites par les bombes. Autour évidemment, les habitants ont souffert. Dans le salon de Tamasé, il y a un trou dans le mur et sa chambre n'est plus qu'un champ de ruines (interview). A Gori, plus de 100 personnes sont mortes. Les habitants des villages qui ont été chassés par les bombardements ou les pillages, se sont réfugiés chez des proches ou dans ce camp de la Croix Rouge. Ils sont 6 000 sous les tentes, et sous la responsabilité d'Alessandra Morelli, du Haut commissariat aux réfugiés (interview). Ce qui titille depuis le début, c'est d'aller voir si les Russes sont toujours dans les zones où il y a eu les combats. A 3km au nord de Gori, nous sommes tombés sur un check point. Nous avons tenté de le franchir. Jean-Marc Ayrault a d'abord eu affaire à deux militaires de l'OSCE, des européens chargés de la sécurité (interview). Ce sont les Russes qui décident. Un général russe est arrivé, il a dit non pour l'accès et est reparti. Du coup Jean-Marc Ayrault est retourné voir le militaire géorgien de l'OSCE. L'accès est en réalité interdit pour tout le monde, sauf pour les villageois qui habitent au-delà de cette nouvelle frontière (interview d'un soldat russe). Et très vite, notre présence rend les soldats russes plutôt nerveux. Ils prient d'aller voir ailleurs. L'ancienne frontière de l'Ossétie du sud est à 20km de là. Et ça rend furieux le gouverneur de la province, Lado VAR DZè LAD VILI, car lui non plus, il ne peut pas passer (interview). Nous avons découvert ce qu'est une zone occupée. Les réfugiés ne sont pas prêts de rentrer chez eux. Pour ça, il faudrait que les Européens et les Américains arrivent à faire partir les russes. Un reportage d'Anne-Laure Dagnet.

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