Jean Noel Guérini, le sénateur et président PS du conseil général des bouches du Rhône a rendez vous avec la justice cet après midi dans le cadre d’une affaire de fraudes présumées aux marchés publics.

Les juges devraient lui notifier plusieurs mises en examen notamment pour "trafic d'influence" "prise illégale d'intérêt" et "association de malfaiteurs".

Olivier Martocq, correspondants de France Inter à Marseille

Association de malfaiteurs : c'est ce dernier chef d'inculpation qui bien sûr dérange le plus, y compris au PS où l'on a commencé à prendre ses distances avec l'homme fort du parti à Marseille.

Et pour cause. Association de malfaiteurs, cela fait immédiatement penser « mafia- grand banditisme ». Or, ce n’est pas vraiment de cela dont il est question dans la convocation du juge. Il est reproché à Jean-Noël Guerini ses liens avec son frère Alexandre qui a été incarcéré 6 mois et qui est poursuivi pour entre autre : Corruption, détournements de fond public, recel et blanchiment ou encore trafic d’influence.

Pour Dominique Matéi, l’avocat de Jean-Noël Guérini qui sera à ses côtés tout a l’heure devant le juge, cette qualification est pour le moins excessive.

Vous l’avez compris, la défense agite la théorie du complot. Selon elle, le dossier serait pratiquement vide sur le plan des infractions pénales, et cette convocation de la justice intervient tardivement, au moment où le PS est en pleine campagne des primaires. Or, Jean-Noël Guérin est un des barons locaux. Un homme décidé à se battre jusqu’au bout.

Et c’est le second volet de cette affaire Olivier Martocq : une bataille politique, d’abord interne au PS.

La rue de Solferino s’apprête à lâcher celui qu’elle qualifie désormais de « boulet moral », dixit Harlem Désir, si il y a mise en examen. Ce serait une première, note le clan Guérini qui brandit une liste d’une cinquantaine d’élus du parti socialiste ayant eu affaire à la justice … mis en examen ou même condamnés. Deux seulement ont dû démissionner de leurs mandats. Pas question pour Guérini d’abandonner son fauteuil à la présidence du département, où Il dispose de la majorité absolue. Vincent Buroni conseiller général PS et maire de Château-Neuf-Les-Martigues fait partie des élus qui ne le lâcheront pas.

Quelques voix s’élèvent néanmoins dans le groupe socialiste du conseil général, sur la même ligne que Solferino. Marie Arlette Carlotti, mène la fronde depuis plusieurs mois.

Une déflagration qui est ce matin quand même hautement prévisible.

A droite les couteaux sont sortis depuis plusieurs mois avec en première ligne, le député UMP Renaud Muzelier, qui ne cesse de demander aux candidats à la primaire socialistes de faire le ménage au nom de la morale. AU PS donc, cela tangue entre Paris et Marseille. Un affrontement somme toute assez classique. Difficile de prédire la suite. Une seule chose est sure, Jean-Noël Guérini ne tombera pas sans combattre, quitte à sortir des dossiers qui éclabousseraient toute la classe politique locale mais aussi la rue de Solferino.

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.