**Les 35 heures hebdomadaires restent la durée légale du travail. Mais les dérogations pourront être plus nombreuses. Voilà ce que le Président de la République a confirmé ce lundi, lors de sa conférence de presse.** Les entreprises auront désormais plus de souplesse pour mettre en place des semaines de plus de 35 heures, avec la loi sur le droit du travail, annoncée pour début 2016. A Hambach en Moselle, l'usine Smart propose déjà à ses salariés un retour aux 39 heures. ### 120 euros brut supplémentaires si le "oui" l'emporte Au milieu de Smartville, l'usine Smart et les 800 salariés qui assemblent la petite voiture citadine. Autour, les fournisseurs, qui emploient un millier de personnes. La direction appelle le personnel à voter vendredi. "Oui" ou "Non" au retour à 39 heures par semaine pour 5 ans. S'ils disent oui les salariés toucheront chaque mois 120 euros bruts supplémentaires.Une cinquantaine d'intérimaires seraient embauchés. Suspendre les 35 heures, ce n'est pas idéologique, affirme Philippe Steyer, directeur des ressources humaines :
L'entreprise pourrait économiser autour de 5% de sa masse salariale. Si les ouvriers acceptent ces 39 heures payées 37 et si les cadres abandonnent la moitié de leurs RTT. Les salariés seraient donc payés pour une partie seulement du travail supplémentaire, et c’est là que le bât blesse. Beaucoup d’ouvriers prévoient ainsi de voter contre :
Paul, 28 ans, lui, est plus discret… et hésite :
Mais quelques pas derrière le jeune opérateur, un barbu s'agace. Eric fabrique des cockpits chez un sous traitant. Lui, ce qu’il craint, c’est la délocalisation vers le site slovène de Novomesto :
Cette menace ne fait pourtant pas partie de l'accord. C’est au moins la position de la direction, qui s’en défend, par la voix du directeur des ressources humaines :
Même si le cadre n'est pas défini, il ressemble à s’y méprendre à un accord de compétitivité, à l’image de celui signé chez Renault. Mais les embauches à la clé chez la marque au losange ne convainquent pas Philippe Simard, délégué CGT, le premier syndicat chez Smart :
Faute de garanties, la CGT refusera de signer l'accord, et ce quel que soit le résultat vendredi. Il faudrait donc que deux autres syndicats acceptent : our l'instant, seule la CFE -CGC est prête à discuter.
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