En France, l'agriculture biologique fait de plus en plus d'adeptes... mais il y a un problème : la consommation augmente plus vite que la production ! Il y a 30 ans, la France était une pionnère en Europe... aujourd'hui elle est 14ème en terme de surface agricole bio… La moitié des produits bio que nous consommons viennent d'Italie, d'Espagne et des Pays-Bas… Pourquoi le bio ne parvient pas à se développer rapidement en France ? Florent Pommier est allé chercher les réponses au marché de gros de Rungis dans la région parisienne... Rungis, le plus grand marché de produits frais en Europe... une plaque tournante... Ici on parle en dizaines de milliers de tonnes... et dans cette masse, quelques milliers seulement concernent... les produits bio. Il faut se lever de bonne heure ! pour les trouver ces entreprises qui vendent du bio : sur 1.300, on en compte à peine une dizaine. Il est 6 heures et demi. Jacques Frintz, agriculteur bio en seine et marne, vient faire ses emplettes à Rungis... pour compléter son étal de vente à la ferme. Il se fournit chez Bio alizée, un grossiste de fruits et légumes. @ Aubergines ratées... car l'une des spécificités du bio est que l'on n'utilise pas de pesticide... les cultures sont plus sensibles aux aléas des saisons... et aux maladies. Exemple cette année : le mildiou affecte les pommes de terre. Les produits bio sont un peu plus fragiles... conséquence économique : l'agriculture bio est moins prévisible que l'agriculture conventionnelle, et ses rendements aussi plus faibles... Tout cela freine la production bio. Ceci explique aussi que les prix bio restent plus élevés... Sébastien Savard est épicier bio, il attend pour passer à la caisse... petite estimation ? @ Des prix plus élevés qui s'expliquent aussi par des coûts de transport plus élevés... Gérald Roy est le responsable fruits et légumes dans l'entreprise Bonneterre... @ Et puis le système de distribution sur les marchés de gros coûte cher... A Rungis, les loyers sont très élevés. Dans ces conditions, il est logique que l'agriculture bio se développe surtout au niveau très local. A Rungis, les entreprises bio les plus performantes sont soutenues par d'importants capitaux étrangers... Bonneterre fait par exemple partie d'un grand groupe mondial, Distriborg... L'entreprise Dynamis est, elle, aidée par des fondations étrangères. Dynamis, qui a innové pour doper sa distribution... elle a créé le "panier bio". Principe : il coûte toujours 11 euros, c'est sa composition qui varie... plus de tomates, moins de courgettes... Le panier est ensuite livré dans des points relais. Le gérant Markus Zeiher... Risques commerciaux très élevés... on comprend pourquoi / encore un faible nombre d'agriculteurs français convertissent leurs terres aux méthodes bio. Une conversion qui implique de grands changements comme l'explique le producteur Jacques Frintz. Et la réglementation est stricte : l'agriculteur qui se met au bio doit attendre 2 ans avant de se faire certifier bio. L'Etat verse bien des aides à la conversion des terres/ mais elles font pale figure à côté des subventions de la PAC basées... sur le nombre d'hectares. Or les terres bio représentent aujourd'hui seulement 2% de la surface agricole totale... Un reportage de Florent Pommier

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.