Face à la récession, face à une industrie en crise, des entreprises licencient et d’autres mettent leurs salariés au chômage partiel. C’est le cas, par exemple, à l’usine Inoplast, en Ardèche, à 70 km au sud de Lyon, où travaille Hervé, un ouvrier concerné par cette mesure. 1 300 personnes travaillent sur les deux sites ardéchois, à Andance et à St-Désirat. Cette entreprise, cotée en bourse, fournit des pièces de carrosserie à l’industrie automobile. Des supports d’aile, des absorbeurs de chocs pour les voitures par exemple. Parmi ses clients : Renault, PSA, Volvo et Mercedes. Des groupes actuellement fragilisés et du coup, les commandes se font de plus en plus rares. Inoplast est donc dans l’obligation de fermer ses unités de production pendant plusieurs semaines. 4 semaines pour l’instant, selon la direction, et ce, à partir du 11 décembre. Hervé Du Franco, 41 ans, travaille ici depuis une dizaine d’années. Son salaire : 1300 euros net par mois. Ces congés forcés vont évidemment lui faire perdre de l’argent donc du pouvoir d’achat (interview). Evidemment, les salariés se serrent la ceinture et font très attention à leurs dépenses. Hervé va donc perdre un peu plus de 100 euros. Certains de ses camarades perdront davantage, en fonction de leur ancienneté, en fonction de leur niveau de responsabilité. Entre 3 et 600 euros. Avec sa compagne, qui travaille à mi-temps, et son fils de 16 ans, il fait ses courses dans les supermarchés discount, achète les produits premiers prix, une économie de 30 % sur le budget familial. Il roule moins souvent qu’avant en voiture, limite les sorties au cinéma ou dans les salles de spectacle de la région. Des sacrifices indispensables pour finir le mois correctement dit-il (interview). Il reconnaît cependant que les effets de la crise ne se font pas, pour l’instant, trop sentir. Ce n’est hélas que le début d’une période difficile. L’année 2009 s’annonce douloureuse et pour Inoplast, qui ne prévoit une reprise de ses investissements que dans 18 mois, et pour les employés. La plupart sont, en plus, propriétaires de leur logement. Les crédits s’accumulent. Hervé possède une maison dans l’Ardèche. Il rembourse mensuellement 400 euros à sa banque. Avec une baisse prochaine de son salaire, tous ses projets, pour améliorer son cadre de vie, sont repoussés (interview). Nicolas Sarkozy a annoncé un plan de relance de 26 milliards d’euros, notamment pour soutenir l’industrie automobile. Mais Hervé n’y croit pas. La prime à la casse de 1000 euros, la principale mesure du Chef de l’Etat, ne devrait pas suffire estime-t-il (interview). Une aide au pouvoir d’achat, c’est ce que souhaiterait Hervé, une revalorisation des salaires pour consommer davantage et pour relancer l’économie. Sachez que le secteur automobile et ses sous-traitants ne sont pas les seuls concernés par le chômage partiel dans cette zone très industrialisée, l’industrie pétro-chimique est également touchée. Des milliers de personnes, dans la grande région lyonnaise, devraient vivre un Noël bien morose. Un reportage de Germain Treille, en direct de Lyon.

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Dossier spécial Vivre en chômage partiel

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