C'est l'une des questions débattue au Sommet de Copenhague en ce moment. Illustration ce matin à Madagascar où Air France KLM finance un projet de lutte contre la déforestation. Pour grandir, un arbre mange en quelque sorte du gaz carbonique. Le bois c'est du CO2 solide. On comprend l'intérêt de conserver les arbres puisqu'ils stockent le carbone. A Madagascar, Air France finance la protection de plus de 500 000 hectares de forêts. Un investissement de 5 millions d'euros sur 3 ans, dont l’objectif est d'éviter de défricher mais aussi de replanter. Nous sommes au sud d'est de Tananarive, à Fandjine, sur une ancienne terre agricole, dont Blaise est propriétaire (interview). La culture sur brulis grignotte la forêt et les effets sont d'abord locaux comme l'explique Romuald Vaudry reponsable du projet à Madagascar pour Good Planet (interview). Apparemment, on ne sait pas encore évaluer la capacité des forêts à stocker du CO2. C'est tout l'enjeux . Si vous êtes capable de dire un jour : je ne coupe pas cette forêt, j'évite l'émission de X milles tonnes de CO2 dans l'atmosphère, ça devient intéressant. Vous donnez ensuite un prix à ce gaz carbonique stocké dans la forêt et vous le vendez aux industries polluantes. En bref : je suis industriel, j'émets du CO2 mais je me rachète en payant pour conserver cette forêt. Aujourd'hui, ce système marchand n'existe pas pour les forêts, mais il est à l'étude. Les agriculteurs malgaches sont-ils heureux de participer à cette expérience ? Ils ont tout de même des craintes comme l'explique le directeur de l'environnement de la région, Philibert Ravimanana (interview). La richesse sans doute. Si les accords climatiques font entrer la forêt dans le marché du carbone, elle rapportera de l'argent aux habitants. Et permettra aux industriels de se racheter, d'effacer leurs émissions de CO2. Pour le moment, ce n'est pas le cas dans le projet Air France. Là, il s'agit de mécénat pur et dur. Mais en 2012, les compagnies aériennes européennes et celles qui se posent en Europe devront réduire leurs émissions ou les compenser en achetant des permis de polluer. Et pourquoi pas des crédits forêts. Le projet d'Air France à Madagascar est tout de même un vol d'essai. Pierre Caussade est le directeur du Développement durable (interview). L'aviation mondiale est responsable de près de 3% des émissions de gaz carbonique. ___Un reportage de Nathalie Fontrel.

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