Un reportage signé Virginie Pironon Dimanche, les électeurs de la ville de Corbeil-Essonnes, en Ile-de-France, fief de Serge Dassault depuis 15 ans, sont une nouvelle fois appelés aux urnes pour désigner leur maire. 2008, 2009, 2010 : c’est la troisième élection en trois ans. Et pour ce second tour, ils ont le choix entre deux listes : celle de l’UMP Jean-Pierre Bechter, bras droit de Serge Dassault, et une liste d’Union de la gauche, menée par le communiste Bruno Piriou. Le scrutin est serré et l’ambiance à Corbeil-Essonnes est délétère. Surtout, les Corbeil-Essonnois sont fatigués de ces élections à répétition. "Nous vivons dans une ville de clowns" nous confiait cette semaine un habitant. Alors, petit rappel des faits. En 2008, Serge Dassault est élu, mais son élection est invalidée par le Conseil d’Etat qui a reproché à l’avionneur des dons d’argent à des électeurs. Serge Dassault est frappé d’inégibilité pour un an. En 2009, c’est son bras droit, Jean-Pierre Bechter, qui se présente. Il est élu. Mais nouvelle invalidation, en raison cette fois d’une inscription qui faisait mention de la fondation Serge Dassault sur ses bulletins de vote. A Corbeil-Essonnes, cela fait des mois, si ce n’est des années, que le communiste Bruno Piriou dénonce ce qu’il appelle le système Dassault, des accusations de clientélisme formellement démenties par le camp adverse. Ecoutez ce que répond Jean-Pierre Bechter à Bruno Piriou. Interview de Jean-Pierre Bechter Et que répond précisément Serge Dassault à ces mises en cause ? Alors, pour des raisons d’agenda, nous a dit son secrétariat, Serge Dassault n’a pas répondu à nos questions. Nous les avons donc posées à Jean-Pierre Bechter, qui nous dit qu’au fond, ces accusations ne sont qu’un serpent de mer vieux de 30 ans et qu’elles ne tiennent pas la route. Et pourtant, à Corbeil-Essonnes, nous avons rencontré un jeune homme qui a des choses à raconter. Témoigne d'un jeune homme Et si d’autres refusent de parler car, pour reprendre leurs termes envoyés par SMS, "mieux vaut pas s’afficher", lui a décidé de témoigner. Yacine Lamaoui fait partie d’un collectif « Armons les quartiers ». Collectif qui souhaite redonner la parole aux habitants des quartiers populaires d’Ile-de-France. Il a travaillé 4 ans dans un lycée de Corbeil-Essonnes. Et voilà ce qu’il a observé parmi les lycéens. Un climat délétère : c’est vrai qu’aujourd’hui la ville est profondément divisée. Pour vous dire à quel point les dissensions sont profondes, parmi les soutiens du communiste Bruno Piriou, il y a l’ancienne première adjointe de Serge Dassault. Elle s’appelle Nathalie Boulet-Laurent. Au début, elle ne voulait pas croire à toutes les accusations qui pesaient contre l’avionneur. Mais l’avis du Conseil d’Etat en 2009 l’a fait changer d’avis. Interview de Nathalie Boulet-Laurent A 4 jours des élections, l’équipe de Bruno Piriou, qui a remporté 45 % des voix au premier tour contre 47 % pour le camp adverse, essaie de mobiliser les électeurs. Dimanche dernier, plus d’un électeur sur deux ne s’est pas rendu aux urnes. Que la droite ou la gauche l’emporte, le grand vainqueur de ce scrutin risque encore une fois d’être l’abstentionnisme.

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