En Italie, officiellement, la campagne électorale pour les prochaines élections législatives d’avril, n’a pas encore commencé. Elle devrait être lancée dans 48 heures, dès que les deux chambres seront dissoutes. Et le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, a profité de cette période pour mettre les bouchées doubles. Au grand dam de ses opposants, "Le cavaliere" n’a pas perdu une fraction de seconde, avant le lancement officiel de la campagne. Maintenant, théoriquement, les apparitions médiatiques vont être minutieusement comptabilisées pour apparaître sur les écrans de télé, pour se faire entendre sur les ondes de radios. Berlusconi : omniprésence médiatique cauchemardesque, pour le centre gauche qui crie au scandale. Berlusconi était dernièrement l’invité de Porta a Porta, une émission très regardée sur la télé publique. Il se pose en martyr ! (son) Berlusconi est omniprésent, mais son adversaire Romano Prodi est lui, étrangement absent. Certes Romano Prodi n’a pas le bagout, la faconde du "Cavaliere". Certes il se présentera à la tête d’une coalition disparate qui ressemble plus à un conglomérat de parti et de mouvements totalement hétérogène. Mais on s’explique mal que l’ancien président de la commission européenne soit aussi peu offensif. Du coup, ce sont ses lieutenants qui sont obligés de monter au créneau contre Berlusconi. Piero Fassino est un démocrate de gauche (interview). Silvio Berlusconi est en retard de 5 points sur ses adversaires dans les sondages, mais les élections du 9 avril ne sont pas jouées. Et c’est l’avis de Sergio Romano, historien, diplomate, éditorialiste, une les plumes des plus renommées ici. Pour lui, la stratégie de Berlusconi est limpide (interview). Pour d’autres observateurs, Berlusconi est un populiste. Un populiste qui a mis en place une sorte de dictature médiatique. Le président du conseil a indirectement le pouvoir sur les chaînes de radio télévision publique. Le week-end dernier, sur une de ses 3 chaînes de télé privées, il était l’invité d’une émission où la présentatrice, ancienne présidente de la chambre des députés membre de sa majorité, aujourd’hui une de ses salariées, n’a pas été avare dans le maniement de l’encensoir, tout comme ses invités qui ont fait une hagiographie qui confinait à l’hallucination - ça a duré deux heures et demie sans qu’il ne soit ni contredit, ni apostrophé, ni critiqué. Curzio Maltese, éditorialiste à "la Repubblica" était devant son petit écran, atterré (interview). A la fin de l’entretien, Berlusconi était presque gêné a dit : « J’ai l’impression d’avoir assisté à mes funérailles » en plaisantant. Dur, dur Silvio ne cesse de dire qu’en politique il est visionnaire ! Un dossier de Robert Kudelka, en direct de Rome en Italie.

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