Elections législatives demain en Israël. Les Israéliens voteront pour élire les 120 députés de la Knesset, leur Parlement. Depuis plusieurs jours, les sondages sont unanimes : le bloc de droite devrait remporter les élections et surtout, l’extrême droite atteint un niveau historique. Elle pourrait tout simplement devenir la 3ème force politique du pays, devant le parti travailliste, le parti fondateur d’Israël, celui de Ben Gourion. L’extrême droite est aujourd’hui incarnée par un parti, « Israël Bei-tenou », « Israël, Notre Maison ». A sa tête, Avi-gdor Lieberman, un ultra nationaliste qui pourrait multiplier presque par 2 son électorat. Il séduit avec une idée force. Israël est menacé par un ennemi intérieur, les Arabes. Les Arabes israéliens. Ils représentent 20% de la population. Ils ne seraient pas loyaux, pas fidèles à Israël. Une sorte de 5ème colonne, des traîtres avec lesquels certains électeurs ne veulent plus vivre. C’est le cas de ce jeune russe Youri Haalom, rencontré lors d’un meeting de Lieberman (interview). L’autre leit-motiv chez les électeurs d’extrême droite, c’est la menace des Arabes de l’extérieur cette fois ci, les palestiniens. Rémy Allouch, électeur, est un petit homme d’affaires qui a décidé de passer de la droite à l’extrême droite (interview). Face à cette radicalisation, certains observateurs comme Menahem Klein, professeur de sciences politique de l’université Ben Ilan à Jérusalem, parlent d’une montée du racisme dans la société israélienne. Menahem Klein a une lecture des événements très pessimiste (interview). Israël a développé un « esprit de Bunker », dit-il. Illustration avec cet Israélien de Har Homa, une colonie au Sud de Jérusalem. Avraham Azoulet y habite. Il ne se définit pas comme un colon, juste un pionnier. Il votera à droite, pour le Likoud (interview). Comment expliquer cette radicalisation à l’égard des Arabes ? La guerre de Gaza semble t-il a beaucoup renforcé le camp nationaliste. Cette guerre est vécue comme un demi-échec par les Israéliens. Car des roquettes, même si elles sont rares, tombent toujours sur le Sud du Pays. C’était le cas encore hier. Bref, Gaza est devenu en quelque sorte le symbole de l’échec du processus de paix. C’est le point de vue de ce chercheur Simon Epstein. Il est spécialiste du racisme et l’antisémitisme à l’université hébraïque de Jérusalem (interview). Les indécis sont près de 20% pour cette élection. Un record. Et dans ce contexte, l’extrême droite est un peu l’arbitre de ces élections, le « joker » disait hier un éditorialiste du Journal « Maariv ». Benjamin Netanyahou, chef du Likoud et probable futur premier ministre, a déjà promis un ministère important à l’ultra nationaliste Lieberman. Un reportage de Sébastien Laugénie et Jean-Pierre Pernel en direct de Jérusalem.

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