Pablo Iglesias, leader de Podemos
Pablo Iglesias, leader de Podemos © Reuters / Andrea Comas

Il a été créé il y a à peine un an, et pourtant le parti de gauche Podemos veut déjà prendre le pouvoir. Peut-il y parvenir ? Rien n'est impossible pour ce qui est déjà le deuxième parti d'Espagne. Bruce de Galzain a enquêté à Madrid.

Direction d'abord le siège de Podemos dans le quartier de Lavapies à Madrid, un quartier populaire mais un peu plus "bobo" maintenant. Ce que l'on nous présente comme le siège de Podemos est une sorte de boutique avec une vitrine une seule pièce de 40 m2.

Il y a déjà du monde... Manuel nous accueille, il est 11h et il vient de lever le rideau de fer. Il a 42 ans, il travaille et il est volontaire pour Podemos. Autour de lui, des tee-shirts, des bracelets, des briquets : tout est Podemos et tout se vend en ligne.

Podemos est bien plus qu'une simple organisation nationale. Dans les bureaux de Podemos, nous rencontrons Jorge Lago, membre de la direction nationale, qui nous accueille à côté de la plaza di Spana, quartier chic de Madrid, dans un immeuble en marbre noir. Podemos s'est installé au 3ème et au 7ème étage, où Pablo Iglésias, le très charismatique secrétaire général du parti a son bureau de député européen.

Changement de décor : ici la moyenne d'âge est de moins de 30 ans, tous travaillent sur leur ordinateur, pour le service de presse, la communication, sur les réseaux sociaux. Bref une véritable start-up, car Podemos a beaucoup de projets.

Toucher toute l'Espagne, pas gagné d'avance

Selon les dernières intentions de vote, Podemos est le deuxième parti politique du pays, derrière le parti populaire mais devant le parti socialiste. Il touche les jeunes, certes, mais à partir de 50 ans, il n'y a plus grand monde. Car Podemos inquiète l'électorat traditionnel avec un discours qui oscille entre populisme latino-américain et modèle social nord-européen.

À quelques mois des élections générales, il inquiète aussi le patronat qui se félicite pourtant d'avoir inversé la courbe du chômage. Pour le parti populaire et nombre d'experts, la reprise économique pourrait en fait limiter l'ascension de Podemos.

Des arguments que rejette Podemos, qui insiste sur la fracture sociale avec d'un côté le chômage (si la reprise est bien là, près d'un Espagnol actif sur quatre n'a toujours pas de travail) et de l'autre la corruption des élites. Ce tout nouveau parti qui se veut transversal (ni de droite ni de gauche) mise tout sur ce simple concept : la caste contre le peuple.

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