Ecole primaire de Marzy - Architectes : Eric Arsenault
Ecole primaire de Marzy - Architectes : Eric Arsenault © radio-france / David Abittan

C'est la deuxième année que la réforme des rythmes scolaires est appliquée partout, mais déjà certaines communes rencontrent de très grosses difficultés pour financer les activités péri-scolaires. Sur le temps périscolaire, les situations varient d'une commune à l'autre. Certaines villes organisent des activités, d'autres non. Et aujourd'hui, de plus en plus de mairies décident de faire payer ces activités aux parents.

C'est le cas à Pierrefitte sur Seine, en Seine-Saint-Denis, où est allée Sonia Bourhan . Cette ville compte 12 groupes scolaires, plus de 4000 élèves, 100 de plus chaque année. Ici, les activités sont concentrées sur un après-midi par semaine pour dégager du temps pour l'école le mercredi matin. Les TAP, temps d'activités périscolaires, sont gratuits. Mais la commune vient d'annoncer qu'elle ne pouvait plus financer. A la rentrée prochaine, les parents devront payer comme pour le centre de loisirs, en fonction du quotient familial. Devant l'école Danielle Mitterrand, tout juste construite, les parents ne sont pas du tout d'accord comme Leila et Turkia.

Si je dois financer les TAP, je ne peux pas m'en sortir

Nouria est parent déléguée dans cette école. Elle fait signer une pétition.

Il y a beaucoup d'inégalité dans tout ça

Le maire de Pierrefitte sur Seine, Michel Fourcade, explique qu'il reçoit par an 350 000 euros de l'Education nationale, 100 000 euros de la CAF. Mais les activités coûtent un million 500 000 euros. Dans le même temps, il doit ouvrir 10 classes à la rentrée prochaine. Il a dû arbitrer.

Je ne peux pas offrir les mêmes activités que des villes très riches

Le cas de Pierrefitte sur Seine n'est pas isolé. De plus en plus de communes recourent à des activités payantes. Le SNUipp, syndicat d'enseignants du primaire qui était opposé à la réforme, avait alerté dès le départ sur les risques d'inégalités d'une commune à l'autre. Des inégalités renforcées aujourd'hui, comme le confirme Sébastien Sihr, le secrétaire général.

On a une réforme dont la diversité rime avec inégalité

Le gouvernement a commandé une évaluation de la mise en place des nouveaux rythmes scolaires. La sénatrice Françoise Cartron est à la tête de cette mission. Elle affirme que grâce aux aides de l'Etat, le coût ne représente pas plus de 1% du budget de fonctionnement des municipalités et qu'en réalité certaines communes traînent les pieds. L'Association des Maires de France demande pour sa part que l'Etat abonde davantage le fonds de soutien.Hervé Marseille, vice-président de l'AMF, explique pourquoi.

Il faut que l'état abonde davantage son fonds de soutien. Aujourd'hui, les collectivités n'en peuvent plus

L'an dernier, l'AMF avait évalué à 28% le nombre de communes qui faisaient payer les activités. Ce sera en hausse cette année.

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