« Non à la corruption ». Le message des citoyens roumains est clair. Depuis le 31 janvier, ils battent le pavé contre une réforme du code pénal pour assouplir la législation.

À 21 h tous les soirs les manifestants brandissent leurs portables allumés en signe de défiance.
À 21 h tous les soirs les manifestants brandissent leurs portables allumés en signe de défiance. © Radio France / Claude Guibal

Résiste, prouve que tu existes. Cela fait une semaine que les citoyens roumains se réunissent dans les rues afin de manifester leur mécontentement, suite au projet de réforme du code pénal suggéré par le ministre roumain de la justice, comprenant notamment un décret qui supprimait les poursuites pour certains cas de corruption.

Dimanche, le mouvement a pris une ampleur sans précédent depuis 1989 et la chute du dictateur Nicolae Ceaucescu. Près de 500.000 personnes se sont rassemblées à Bucarest. "Nous ne vous croyons pas, nous n'abandonnerons pas", scandaient les manifestants. Des milliers d'autres se sont également réunis dans une dizaine de villes du pays.

Cette Roumaine bravait d’ailleurs le froid, mercredi, pour écrire dans la neige son engagement avec le hashtag #Rezist.

Dans la rue chaque jour jusqu’à l’abrogation du décret

Comme elles, ils sont des milliers à se retrouver chaque jour. Le mouvement ne désemplit pas. Les milliers d'appels à la démission lancés au gouvernement, en place depuis seulement un mois, sont toutefois tous rejetés. L’exécutif estime ne pas avoir à quitter le pouvoir alors que le décret dépénalisant certains faits de corruption concernant des sommes inférieures à 200.000 lei (44.200 euros) a été retiré. Mais les opposants s’engagent à revenir chaque jour exprimer leur mécontentement, jusqu’à ce que l’abrogation du décret soit confirmée par le Parlement, où le PSD et l’ALDE sont largement majoritaire. Mardi soir, ils étaient encore 3.000 à défiler sur le macadam, devant le siège du gouvernement.

Le gouvernement fragilisé mais toujours debout

Mercredi, Sorin Grindeanu, premier ministre roumain, affrontait la motion de censure de l’opposition au Parlement, après une semaine de mouvements de contestations. Celle-ci, déposée par 123 élus du Parti national libéral (PNL) et de l'Union Sauvez la Roumanie (USR) appelait le gouvernement à "ne pas légaliser le vol". Cette motion de censure a été un véritable échec. Elle s’est heurtée à la majorité des sociaux-démocrates et de leurs alliés (alliance des libéraux et démocrates). Le Premier ministre roumain garde donc les rênes du gouvernement.

Le chef de l’Etat accusé de trahison

En parallèle, quelque 2.000 partisans du gouvernement se sont rassemblés pour le troisième jour consécutif devant le palais présidentiel pour demander la démission de M. Iohannis, qualifié de "traître". Ils accusent le chef de l'Etat d'avoir "semé la discorde" en encourageant les protestations antigouvernementales. Celui qui prévoyait de maintenir un référendum sur la lutte contre la corruption appelait notamment le gouvernement social-démocrate à démissionner. "L'abrogation du décret et un éventuel limogeage du ministre de la Justice ne sont pas suffisants", avait-il jugé mardi dans un discours solennel devant les députés.

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