Le 28 juin 2019, un coup de chaleur sans précédent en France faisait monter le thermomètre à 46° C sur ce petit village viticole de l'Hérault. Un an plus tard, viticulteurs et pouvoirs publics ont entamé une réflexion sur cette catastrophe agricole pour en tirer les leçons et mieux se préparer aux épisodes de canicule.

Vérargues, un peu plus de 700 habitants dans l'Hérault.
Vérargues, un peu plus de 700 habitants dans l'Hérault. © Radio France / Cécilia Arbona

Vérargues, petit village viticole de 700 habitants, est entré dans l'histoire climatique puisqu'il détient le record de France de chaleur : 46 degrés centigrades atteints le 28 juin 2019. Dans les vignes, c'est comme si un chalumeau géant avait tout brûlé : le raisin, les feuilles et les sarments. Cet événement a marqué les consciences.

C'est un relevé de températures conservé précieusement dans un cahier, un graphique que Bernard Valette, bénévole chez Météo France, nous présente avec fierté. Avec ces 46°C à l'ombre, dans les vignes du château de Vérargues, 80% de la récolte de muscat a grillé sur pied, au grand désespoir des viticulteurs locaux.

"On sera là pour vous accompagner" promet la conseillère départementale du canton de Lunel, Bernadette Vignon, qui annonce un projet, mené jusqu'aux années 2030, d'irrigation des vignes.

Des cultures plus résistantes

Sur le domaine du Haut-Courchamp, le propriétaire, Pascal Conge, réfléchit à introduire de nouveaux cépages : "On a sur notre exploitation un cépage espagnol, du Tempranillo, qui résiste mieux que les autres."

Neuf mille hectares de vignes ont été sinistrés l'été dernier  : "Il faut réagir" annonce le président de la Chambre d'agriculture de l'Hérault, Jérôme Despey, qui a pris contact avec une société spécialisée pour informer les exploitants, par SMS, des épisodes de gel, de grêle ou de canicule : "Il est indispensable d'essayer de pouvoir prévenir les agriculteurs face à une situation climatique extrême".

D'autant qu'avec ces poussées de fièvre, les organismes souffrent aussi : par exemple, Micheline, 80 ans, ne sait plus comment dormir, même si c'est plus supportable dans les vieilles bâtisses ; en revanche, dans les nouveaux lotissements et les bâtiments publics, c'est la chasse aux climatiseurs, que la municipalité veut mettre jusque dans les écoles.

Reverdissement nécessaire

Dans le département voisin du Gard, la commune de Monoblet a confié la conception du groupe scolaire à l’architecte, Yves Perret, qui prévient : "Il faut arrêter le mouvement de minéralisation : construction de terrasses, routes, voies ferrées, qui durcissent les sols, les stérilisent. Ça veut dire le reverdissement généralisé de nos territoires, comme des plantations de chanvre ; Vérargues est un point particulier qui a frappé tout le monde mais qui se reproduira". Ce phénomène de fournaise brutale sur les coteaux de Vérargues ne serait que le début d'une longue série.

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