Elle pourrait gâcher vos vacances si vous allez au bord de mer. Elle, c'est la Pélagia Nauctiluca, l'une des innombrables espèces de méduses, qui provoque des piqures très désagrables et parfois aussi des problèmes plus sérieux, si vous êtes allergiques. Est-elle déjà arrivée sur nos plages ? Les méduses ne venaient jusqu'à nos côtes qu'environ tous les 10 ans, quand la mer est très chaude l'été, pensait-on. Mais elles étaient là en nombre, en 2003, en 2006. En fait, elles sont là tout le temps. Le Maître Patrice Moret est chef de la vedette de sauvetage des marins pompiers de Marseille sur la plage de la pointe rouge. Il a déjà vu beaucoup de méduses en mer ces dernières semaines (interview). Peut-on pour autant parler de prolifération ? Voici une histoire édifiante, elle a été recueillie par nos confrères du « Point » cet hiver. John Russel est éleveur de saumons en Irlande. Ecoutez ce qu'il raconte : "La mer était rouge de sang, en trente ans, je n'avais jamais vu une chose pareille. Elles sont arrivées par milliers, se sont collées aux cages, en 7 heures, elles ont dévoré 100 000 saumons". Le lendemain, les méduses sont revenues. Un banc de 25 km2 sur 13 m de profondeur, pour engloutir 140 000 saumons d'un élevage voisin. Les dérèglements de l'éco-système marin ne sont pas étrangers à ce phénomène. Or, la méduse est un animal qui depuis 600 millions d'années s'adapte à tout. Aujourd'hui, ses prédateurs se font rares. La pollution n'arrange rien. Delphine Botha est enseignante chercheuse au centre océanographique de Marseille (interview). La mer rouge, la mer noire, la mer baltique très polluées regorgent de méduses. Enfin, les rejets dans les rivières et les océans, d'hormones féminines provenant de la pilule contraceptive et des traitements de la ménopause pourraient aussi avoir une influence sur ces bouleversements biologiques. Pour le tourisme, c'est un problème aussi on s'en doute. A Cannes, l'année dernière, on a installé des filets. En 2006, l'invasion de méduses avait contraint la mairie à fermer les plages plusieurs fois dans la saison. Ces filets permettent de sécuriser deux plages, ce n'est pas si mal estime Pascale Vallant qui est l'adjointe à l'environnement à la Mairie de Cannes (interview). Les scientifiques n'ont pas de solution miracle. Ils ne peuvent qu'alerter sur les conséquences de l'action humaine sur le milieu marin. Ils ont aussi le devoir de faire des prévisions extrêmes. Certains estiment que d'ici quelques décennies, le litoral pourrait être bordé de cages : pour le poisson d'élevage et pour protéger les baigneurs des méduses. Un reportage de Thierry Fiorile, correspondant à Marseille.

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