Elections législatives anticipées aujourd’hui aux Pays-Bas, après la chute du gouvernement de centre droit de Jan Peter Balkenende… C’est le premier gouvernement en Europe à tomber pour la question des troupes en Afghanistan… Le PVV, le parti de la Liberté d’extrême droite de Guert Wilders, pourrait participer à la future coalition qui sortira des urnes. Rotterdam, seconde ville des Pays-Bas, premier port d’Europe, une ville cosmopolite 148 nationalités... Le maire Aboutaleb lui-même est d’origine marocaine. C’est là que Geert Wilders acheve sa campagne en bus. Sur une aire de supermarché, il veut seduire les classes moyennes qui le lachent. On le reconnaît de loin : cheveux blonds peroxydés, cravate vert-pomme, entouré de cinq gardes du corps. Le chef des populistes néerlandais, reçoit des menaces de mort, depuis ses propos très provocateurs... Il compare par exemple le Coran a Mein Kampf. (interview) Ses supporteurs sont a peu près aussi nombreux que les journalistes. Dans cette banlieue, se sont installés des Marocains qui ont réussi, comme Khalid, chef de chantier, né aux Pays-Bas, qui regarde tout ça, de loin, avec sa femme voilée et sa petite fille… (interview) Le programme de Guert Wilders : taxer le voile, stopper la construction de mosquées, plus de securité, mais surtout, moins d’immigration. Un discours qui trouve écho. Dans le quartier de Feyenoord, pas loin du stade de footabll, une nouvelle mosquée grise dresse ses deux minarets en construction dans la rue, les magasins sont turcs et marocains. Jorse Van Der Kant est l’un des derniers commerçants neerlandais. (interview) Pour le sociologue français Laurent Chambon, l’originalité de Geert Wilders, digne hériter du leader populiste homosexuel Pim Fortuyn assassiné en 2002, c’est qu’il défie les catégories de l’extreme droite… Il se fonde sur critères laics, au nom de valeurs progressites.. (interview) Il y a un ann le leader populiste, deuxième aux élections européennes se voyait Premier Ministre. Aujourd’hui rien n’est moins sûr, en pleine crise de l’Euro, il ne convainc pas de sa capacité à gouverner, ses candidats parfois peu crédibles… a La Haye et Almere, deux villes conquises aux municipales de mars, le PVV se retrouve dans l’opposition. Mais en mettant les pieds dans le plat, il oblige les autres partis à se positionner sur l’immigration, une question absente du débat, au nom de la tolérance. Ahmed Marcouche est conseiller municipal d’Amsterdam, partisan du dialogue avec les musulmans. Pour cet ancien policier arrivé du Maroc à l’age de 10 ans, l’intégration passe aussi par une grande fermeté. (interview) Si les Néerlandais cherchent le vote utile, le poids de l’extreme droite, autour de 15% en fait un partenaire possible pour gouverner. Une option que les libéraux donnés gagnants sont les seuls a ne pas exclure. ____Un reportage de Delphine Simon avec Jean-Pierre Pernel, en direct d’Amsterdam.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.