Verra-t-on un jour la Vénus de Milo quitter le Louvres et rejoindre un musée grec ? Le Buste de Néfertiti aujourd'hui exposé à Berlin rendu à l'Egypte ? Ou encore les magnifiques statuettes Dogon que l'on peut admirer en ce moment au musée parisien du Quai Branly, revenir au Mali ? La restitution des œuvres d'art est une question qui bouleverse le monde de la culture. On l'a vu, en France, avec la restitution de têtes Maoris à la Nouvelle-Zélande, ou celle de manuscrits royaux à la Corée du Sud. Cela fait maintenant plusieurs années que l'Egypte en premier lieu bien sûr, mais aussi la Grèce, le Nigéria, l'Algérie et un grand nombre de pays d'Asie, réclament le retour, dans leurs musées, de pièces magistrales. La célébrissime pierre de Rosette, par exemple, exposée au British Museum, mais aussi les non moins fameux marbres du Parthénon, sont revendiqués depuis de très nombreuses années. C'est un sujet extrêmement délicat, sensible, où s'entremêlent histoire, culture, anthropologie, où l'éthique et le juridique s'affrontent sans cesse. Première réaction, très tranchée, d'un historien : l'académicien Marc Fumaroli. Interview de Marc Fumaroli C'est brut de décoffrage, mais c'est vrai que rien n'est simple, en effet. Il y a les biens récupérés sous la colonisation, volés pendant la guerre, pillés lors de fouilles archéologiques. Les problématiques sont multiples et les revendications de plus en plus nombreuses. Les responsables de musées sont très inquiets, concède Christophe Vitale, président de l'Association générale des conservateurs des collections publiques de France. Interview de Christophe Vitale - Respect du pays tiers et respect des règles ! Car Christophe Vitale le disait à l'instant : le risque, c'est aussi de céder à une certaine nécessité diplomatique. Exemple avec l'affaire des 297 manuscrits royaux rendus à la Corée du Sud, pour certains, il y a quelques jours seulement. Il y aura d'ailleurs une grande cérémonie samedi à Séoul. Sauf que sur la forme, cette restitution est problématique. Corinne Herskovicth est avocate, spécialiste de la question. Interview de Maître Corinne Herskovicth Il y a deux notions qui ont donc été contournées : l'imprescribilité et l'inaliénabilité. Les œuvres d'art sont du domaine public. Elles ne peuvent être cédées selon le bon vouloir d'une personne, fut-elle Président de la République. Jack Lang rappelle néanmoins le contexte : ces manuscrits avaient été saisis par des militaires français en 1866. Il est l'un des plus fervents partisans de la restitution de ces manuscrits et chargé de suivre ce dossier par Nicolas Sarkozy. Interview de Jack Lang C'est François Mitterrand qui avait "ouvert la boîte de Pandore". Il fut le premier, en 1993, à rendre un seul manuscrit à la Corée. Un voyage qui avait aussi permis, à l'époque, de vendre quelques TGV...

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