Retour sur ce quintuple meurtre familial de Nantes avec Nour-Eddine Zidane. C'était le 21 avril dernier. Une incroyable et macabre découverte sous la terrasse d’une maison à Nantes : les corps de 5 personnes, Agnès Dupont de Ligonnès et ses 4 enfants, exécutés, probablement pendant leur sommeil. Et dans cette affaire, tous les soupçons s'orientent vers le père, le mari, Xavier Dupont De Ligonnès. Les enquêteurs, plus d'une quarantaine, ont relevé de nombreux achats suspects. Le 12 mars, par exemple : un silencieux et des munitions pour une carabine dont Xavier Dupont de Ligonnès a hérité. La carabine est du même calibre que l'arme du crime. Les 1er et 2 avril Xavier Dupont de Ligonnès achète du ciment, une bêche, une houx, des sacs en toile de jute et de la chaux vive. Troublant donc sachant que le 3 avril il dine une dernière fois avec sa femme et 3 de ses enfants. Ils sont assassinés la nuit suivante d'après les conclusions des médecins légistes. Le dernier fils lui disparait 2 nuits plus tard. Là aussi après un diner avec Xavier Dupont de Ligonnès, les enquêteurs n'arrivent toujours pas à localiser au delà du 15 avril. Il avait passé une nuit dans un hôtel dans le Var. Malgré les quelques 300 témoignages téléphoniques recueillis et analysés par 4 enquêteurs. Dans cette affaire, c'est (aussi) la méticulosité du crime qui interpelle. La maison familale a été vidée et le sol soigneusement lavé. Ces lettres dactylographiées justifiant les absences auprès de l'entourage comme ce courrier surréaliste où Xavier Dupont de Ligonnès se dit informateur du gouvernement américain. Témoin dans un procès concernant un trafic de drogue international sa soeur qui dit l'avoir eu au téléphone le 4 avril. Probablement après ces meurtres elle explique qu'il était calme et qu'il avait un comportement normal. Toutes deux font part de leurs doutes son avocat Stéphane Goldenstein. Des interrogations qui se portent aussi autour la personnalité de Xavier Dupont De Ligonnès. Personnalité très complexe de cet homme de 50 ans aimable et poli d'après ses voisins. A la lumière des différents témoignages, on apprend qu'il aurait eu une éducation catholique très rigide. Il entretenait le flou sur sa vie professionnelle tantôt chef d'entreprisetantôt commercial dans le tourisme ou l'hôtellerie. l'enquête démontre, en tout cas, qu'il était très endetté. Une femme qui se présente comme une ex-maitresse lui réclamait ainsi près de 50 000 euros. Pour le psychiatre Roland Coutenceau : On est là face à un crime hors norme. Un cas similaire peut-être très troublant d'ailleurs relevé par des internautes sur un groupe de discussion Facebook crée autour de l'affaire. L'affaire John List en 1971 : Un homme discret, acculé par les dettes après avoir perdu son travail. Il avait tué sa mère, sa femme et ses 3 enfants, envoyé des lettres pour retarder la découverte des corps ; avant d'être retrouvé, avec une nouvelle identité 18 ans plus tard ! Mais l'ex-commissaire Alain Tourre, ancien des PJ de Versailles et Marseille ne croit pas à une aussi longue cavale. - Roland Coutanceau : "Apprivoiser la vie: imploser, exploser ou rebondir", aux éditions Michel Laffont. - Alain Tourre : "Histoire de l'évéché", aux éditions Jacob-Duvernet

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