Comme tous les mardis avant le scrutin de dimanche, gros plan sur une région clef. Aujourd’hui donc, l’Île-de-France, la région capitale, évidemment stratégique, où le résultat aura une résonnance nationale. Et c'est peut-être ce qui explique le climat tendu, délétère même, dans lequel s'est déroulé, se déroule encore, la campagne dans cette région. A l'origine, l'affiche était pourtant intéressante. Une ministre plutôt en vogue, Valérie Pécresse, bien décidée à partir à l'assaut de la forteresse Huchon, le président PS de la région. Cécile Duflot, la secrétaire nationale des Verts, nouvelle star de la politique après le succès des écologistes aux dernières européennes. Et puis, Alain Dolium, vite présenté par les Guignols comme le Barack Obama du MoDem, ce qui ne l'a pas forcément servi. Belle affiche, donc... Avec un air de fête foraine, lorsque les candidats font campagne sur les marchés (interview). Quelques flonflons sur un marché, et hop, la campagne devient sympa. Sauf que la fête a vite tourné à la foire d’empoigne, surtout lorsque l’UMP a mis le feu aux poudres avec l’affaire Soumaré. Faut dire qu’à droite, rien ne s’est passé comme prévu. L’Elysée avait prévu un beau casting, avec Valérie Pécresse, donc, et son trio de drôles de dames, Rama Yade, Chantal Jouanno et Nathalie Kosciusko-Morizet. Avec pour objectif de ringardiser Jean-Paul Huchon ! Oui, mais voilà, les rivalités internes à la droite francilienne ont plombé la campagne de Pécresse. Au point d’obliger Nicolas Sarkozy à taper du poing sur la table. Depuis, la ministre-candidate tente de rattraper le temps perdu. Elle tape sur le bilan de Jean-Paul Huchon et elle espère encore faire mentir les sondages qui la donnent perdante (interview). Valérie Pécresse insiste sur l’aspect régional du scrutin et sur le Grand Paris. Le socialiste Jean-Paul Huchon fustige, lui, ce projet cher au chef de l’Etat et en profite pour rappeler que voter Pécresse, c’est aussi voter Sarkozy (interview). Jean-Paul Huchon serein, mais pour gagner, le candidat PS devra faire alliance avec sa concurrente d’Europe Ecologie : Cécile Duflot. Et les négociations s’annoncent âpres. Mais pour faire valoir leurs ambitions, les écologistes doivent faire un bon score au 1er tour. Or, après l’euphorie des européennes et compte tenu du contexte national, Cécile Duflot semble craindre un retour du vote utile, plutôt favorable au PS (interview). Voilà, Cécile Duflot, qui reproche à Jean-Paul Huchon d’avoir une gestion trop tranquille de la région. Du côté du Mouvement démocrate, pour finir, ça ne ronronne pas, ça patine. Sur le terrain, comme ce jour-là, à La Courneuve, le contact passe plutôt bien avec Alain Dolium (interview). Mais voilà, les électeurs qui ne font plus confiance au PS ou à l’UMP ne font pas plus confiance au MoDem qui risque de souffrir de l’abstention (interview). Résultat dimanche soir, le candidat de François Bayrou devrait finir loin du trio de tête, et même derrière Pierre Laurent, du Front de gauche et Marie-Christine Arnautu, du Front National. Les autres candidats à la présidence de la région : Olivier Besancenot, pour le NPA Nicolas Dupont Aignan, pour Debout la République Jean-Marc Governatori, pour l’Alliance écologiste indépendante Jean-Pierre Mercier pour Lutte ouvrière Axel de Boer, pour la liste chrétienne Et enfin, Almamy Kanoute, pour la liste Emergence. __Un reportage de Ludovic Fau.

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