Un reportage signé Christine Siméone "Inventaire pour un divorce" : ce pourrait être le titre du mauvais film qui se joue en ce moment entre la France et le Mexique autour de l'année culturelle qui a été suspendue en raison de la querelle des pays sur l'affaire Cassez. Souvenez-vous, Nicolas Sarkozy a voulu dédier cette année du Mexique à Florence Cassez et le Mexique s’est retiré de cette opération. Après l'abattement général, il y a eu un vent d'espoir (quelques jours de négociations), mais aujourd'hui, c'est l'enterrement définitif. A l'Institut français, coordinateur de l'opération, on disait hier que 95% des manifestations n'auront pas lieu. Pour Xavier Darcos, nouveau président de ce nouvel Institut français, on aurait pu rêver meilleure entrée en matière. Interview de Xavier Darcos Une "petite opération" comme dit Darcos, c'est-à-dire 360 manifestations qui devaient coûter plus de 20 millions d'euros aux Mexicains. Les antiquités de Vera Cruz sont reparties : pas de masques mayas (Pinacothèque), pas d'expo Diego Rivera cubiste à Bordeaux cette semaine, les 11 statues géantes de José Rivelino en bordure de Seine à Paris. Pour les rencontres d'Arles qui auront lieu cet été, c'est un quart du programme des expositions qui est en danger. Investissement : 400 000 euros donnés par le Mexique. Aujourd'hui, le compteur est à zéro. Alors que fait-on ? La réponse du directeur des rencontres, François Hebel. Interview de François Hébel Dans cette affaire, c'est le monde culturel qui apprend les rouages et la discrétion des diplomates. Le musée de l'Orangerie essaie encore de sauver l'exposition emblématique Frida Khalo prévu à l'automne. Les tableaux mexicains étaient exposés à Paris, en échange de quoi l'Orangerie envoyait au Mexique ses Soutine, Picasso et autres Derain. - Est-ce que ce sera un argument suffisant pour passer outre le désaccord diplomatique ? Cette exposition représente un investissement de 500 000 euros. Si le Mexique faisait défaut, l'Orangerie espère puiser dans ses ressources propres. Aux yeux du ministère de la Culture, s'il y avait une chose à sauver, ce serait cette exposition Frida Khalo. Certains se disent que peut-être, ils devront faire une croix sur le volet mexicain de leur manifestation. C'est le cas du Salon du livre jeunesse de Montreuil : si le Mexique fait défaut, les éditeurs accepteront-ils d'acheminer les auteurs mexicains en France ? Si non, pas de Mexique et pas de solution de rechange pour Sylvie Vassalo la directrice du Salon. Interview de Sylvie Vassalo L'inventaire pour le divorce aura donc lieu lundi et mardi prochains entre les responsables français et mexicains. Pour la Pinacothèque de Paris, par exemple, l'absence des masques mayas, ça s'appelle une rupture de contrat. Donc juridiquement, cela veut dire contentieux ou arrangement amiable. La méthode Mittérrand, ce serait de faire comme pour l'année du Maroc. Il en étiait le commissaire, elle avait été annulée au moment de la parution du livre Notre ami le roi . Et la méthode a été de programmer plus tard et autrement les artistes concernés.

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