C'est aujourd'hui le 36ème anniversaire de la mort de Charles de Gaulle. Comme chaque année dans son village, à Colombey-les-deux-Eglises, en Haute-Marne, il y aura des commémorations un peu particulières aujourd'hui puisque Jacques Chirac viendra poser la première pierre d'un mémorial dédié à la vie et à l’œuvre du Général. Colombey c'est le village d'adoption du Général. Il y achète le domaine de la Boisserie en 1934. Ce sera d'abord la maison de vacances de la famille avant de devenir sa résidence principale. De Gaulle y passe les longues années de sa traversée du désert, et les quelques mois qui suivront l'échec du référendum de 69 avant d'y mourir le 9 novembre 1970. Depuis 1980, on peut visiter cette maison. Le jour où y était Florence Paracuellos, un petit groupe s'était justement inscrit pour la visite guidée. Parmi eux, René Ledu, 84 ans, ancien de la division Leclerc Il a débarqué sur les cotes de Normandie en 44. La Boisserie, il l'avait déjà visitée il y a une vingtaine d'année, alors pourquoi revenir ? (Interview.) Il n’est pas très bavard mais il va suivre la visite avec les yeux qui brillent, attentif aux propos de la guide Aurore Jacquinot. Là, nous sommes dans la bibliothèque (interview). Et le pèlerinage se poursuit à quelques mètres de la Boisserie. Nous sommes dans le petit cimetière qui jouxte l'église. C'est là que repose le Général. C'est là que Jean-Pierre, un belge de Liège, s'est arrêté quelques instants (interview). Jean-Pierre n'est pas le seul à regretter De Gaulle. « Charles, réveille toi, ils sont devenus fous !!!! » - ça c'est une phrase qu'on peut lire dans un cahier de témoignages ouvert à l'église. Une autre, du même tonneau : « Mon général, si vous êtes là-haut dans le ciel, sauvez nous pauvres français qui nous enlisons un peu plus chaque jour ». Suite de la visite avec la dernière étape du pèlerinage : la monumentale Croix de Lorraine dressée sur la colline à près de 400 mètres d'altitude. Là c'est la responsable du mémorial, Marie-Pascale Laheyne qui nous la montre, et vous allez voir, on est toujours dans la dévotion (interview). La « grandeur » a beau être « incommensurable », on ne se presse plus comme avant à Colombey. Dans les années qui ont suivi la mort du Général, la commune attirait 400 000 visiteurs par an, on est passé à 40 000. Les vieux gaullistes disparaissent. Il faut attirer un nouveau public, absent pour l'instant, comme l'explique Pascal BaBouot, le maire de Colombey (interview). Pascal Babouot parle bien évidement du futur mémorial qui devrait ouvrir ses portes le 18 juin 2008 et attirer au moins 125 000 personnes par an. Un dossier de Florence Paracuellos.

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