Un reportage signé Sébastien Laugénie Les dernières statistiques montrent que les chômeurs et les gens en situation précaire ont tendance à de plus en plus fumer. Mouvement de fond, effet de la crise ou mauvaise politique du gouvernement, les chiffres sont inquiétants en tout cas. Le dernier baromètre de l'Institut National de Prévention et d'Education pour la Santé, montre que les Français fument plus qu'il y a 5 ans : 2% de plus. Une hausse qui, chez les demandeurs d'emploi, est 3 fois plus importante que dans le reste de la population. Chez les chômeurs, 50% d'entre eux sont fumeurs aujourd'hui, contre 44% il y a 5 ans. Alors nous nous sommes rendus tout simplement devant l'une des antennes parisiennes du Pôle Emploi, à Paris. Et nous avons rencontré un jeune chômeur de 29 ans, Jason, qui cherchait à "taxer une cigarette", c'est un peu son dernier plaisir. Jason est très représentatif d'une tendance mondiale. Dans tous les pays occidentaux, ce sont aujourd'hui les plus pauvres qui fument le plus alors que les classes les plus aisées, elles, cessent de fumer, c'est un mouvement historique. Quelles en sont les raisons ? En fait, les chômeurs ont surtout plus de mal à arrêter la cigarette que les autres. Et cela parce que leur horizon est plus sombre. C'est l'explication de ce sociologue, spécialiste des fumeurs pauvres, Patrick Peretti-Watel, qui travaille à l'Inserm à Marseille. Et que fait-on en France pour aider les fumeurs pauvres à arrêter le tabac ? Pas grand chose. Roselyne Bachelot, la ministre de la Santé, a bien proposé de faire de la prévention de proximité dans les Pôle Emploi, mais pour l'instant aucune campagne d'information spécifique en vue. D'autres spécialistes eux, sont, favorables à la gratuité totale des soins, comme en Angleterre. C'est l'avis en particulier du pneumologue Bertrand Dautzenberg. Qu'en est-il en France ? La consultation tabacologique est gratuite mais après, on a droit à seulement 50 euros de patchs remboursés par la Sécurité sociale. Alors ce que disent la plupart des tabacologues, c'est qu'il faudrait une politique de l'Etat beaucoup plus agressive, notamment en matière de prix. Car les précaires y sont plus sensibles. Or, hier, vous le savez, l'Etat a décidé d'une augmentation de seulement 6%, critiquée par toutes associations et en particulier par Gérard Dubois, président de l'Alliance contre le tabac. Enfin, vous l'imaginez, la meilleure façon d'arrêter de fumer pour ces chômeurs, c'est surtout de leur trouver un travail.

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