Semaine des Nobel. Aujourd'hui, c’est le Prix Nobel de littérature qui sera dévoilé. Demain, le Prix Nobel de la Paix. Pas de favoris pour ce dernier, mais une très longue liste de postulants, dont l'Esperanto, une langue internationale inventée il y a plus d'un siècle, encore parlée aujourd'hui. On estime à 5 millions le nombre d'espérantophones dans le monde, dont 100.000 qui maîtrisent parfaitement la langue (plusieurs milliers en France). Le Polonais Zamenhof, qui a inventé l'Esperanto, voulait mettre fin aux incompréhensions, aux malentendus générateurs de conflits. Et cette langue construite a résisté au temps. Le nombre de locuteurs se maintient, et augmenterait même grâce à Internet. Il existe en quelque sorte un monde parallèle en Esperanto, avec sa littérature, sa musique, son cinéma... (Reportage). L'Esperanto n'a jamais bénéficié de soutiens politiques forts. En France, seuls le PC et les Verts y sont clairement favorables. L'Esperanto doit aussi affronter beaucoup de préventions dans l'opinion. On parle de langue sectaire, abstraite, mais aucune étude n'étaye ces préjugés. Au contraire, le seul rapport récent sur la question date de 2005 (un rapport sur l'enseignement des langues étrangères comme politique publique) et d'après son auteur, le professeur d'économie François Grin, l'Esperanto présente beaucoup d'avantages, notamment financiers, si on décide de généraliser son enseignement en Europe (interview). Mais pour que l'Esperanto progresse, précise François Grin, il faudrait que tous les pays européens se mettent d'accord et on en est très loin. Un reportage de Franck Mathevon .

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