Les Bleus sont assez mal engagés pour le mondial 2010, en Afrique du Sud. Deuxièmes de leur groupe de qualification derrière les Serbes qu’ils affrontent ce soir à Belgrade, ils devront sans doute passer par les barrages pour jouer le Mondial. Et l’on commence à parler de l’éventualité d’une élimination, de ses conséquences. La France a peur ! Mais pas de panique : la France du football, parce que l’autre, la vraie, n’a pas de raison de s’inquiéter. On fantasme beaucoup sur l’impact économique d’une bonne ou d’une mauvaise performence sportive, mais pour Frédéric Bolotny, du centre de droit et d’économie du sport de Limoges, dans ce domaine, l’exemple de la victoire des footballeurs français lors de la coupe du monde 98 est très significatif (interview). Du côté de la tour TF1, pourtant, la panique ne semble pas encore avoir gagné ! Les Bleus perdent mais Christian Jeanpierre, le commentateur vedette de la chaîne, veut croire en des jours meilleurs (interview). Que la France se qualifie ou non, la Fédération Française de Football devrait s’en tirer sans bleus, ni à l’âme, ni au portefeuille ! Parce que les dirigeants de la FFF ont pris les devants : ils ont déjà négocié leur prochain gros contrat ! Au 1er janvier 2011, les Bleus changent d’équipementier : Nike remplace Adidas, sponsor historique de l’équipe de France… Et un tel changement a un prix : la marque américaine déboursera près de 45 millions d’Euros par an pendant 8 ans pour broder son logo sur le maillot des Bleus, un record pour une équipe nationale. C’est sans doute ce qui explique la relative sérénité de Jean-Pierre Escalettes, le président de la fédération avant le match de ce soir (interview). Finalement, les seuls qui semblent déjà s’inquiéter des piètres résultats de l’équipe de France, ce sont les supporters, qui se préparent à passer un été pourri, devant leur télé, à encourager le Brésil… ou la Serbie ! Parce que si les Bleus ne sont pas encore éliminés, le désamour, lui, est déjà là (interview). Dommage, donc pour Franck Ribery et les joueurs de l’équipe de France ! On les aurait presque oubliés, mais après tout, c’est normal : leur communication est tellement maîtrisée, pour ne pas dire verrouillée, qu’il est quasiment impossible de savoir ce qu’ils pensent de la situation. ____Un reportage de Franck Ballanger, en direct de Belgrade en Serbie.

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