Jean Tirole, prix nobel d'économie 2014
Jean Tirole, prix nobel d'économie 2014 © EPA/MaxPPP

C'est l'école dont tout le monde parle, depuis que son co-fondateur, Jean Tirole, a reçu le prix Nobel d'économie. La Toulouse School of Economics (TSE) s'appuie sur un modèle très particulier qui séduit de plus en plus d'entreprises.

La Toulouse School of Economics est hébergée dans l'ancienne Manufacture des tabacs, sur les bords du canal de Brienne, à deux pas de la Garonne. Ce qui intrigue d'abord, c'est son statut : une "grande école" au sein d'une université, celle de Toulouse 1. Avec son prix Nobel,Jean Tirole espère lui donner ses lettres de noblesse :

L'université est un peu le parent pauvre en France. Avec TSE, nous cherchons à faire une grande école au sein de l'université. Si ce prix Nobel permet de la faire connaître et de rassurer les futurs étudiants, c'est positif.

► ► ► RÉÉCOUTER | Jean Tirole, invité de l'émission "On n'arrête pas l'éco" le 18 octobre dernier sur France Inter

En tout cas, les étudiants de TSE ont déjà senti le vent du changement depuis le prix Nobel. À l'image de Sarah, croisée sur le campus :

Avant, quand on disait "TSE", on nous confondait avec l'école de commerce, maintenant les entreprises sont beaucoup plus intéressées !

Airbus, dont le siège est à Toulouse, ne prenait pas de stagiaires il y a encore trois ans. Cela a bien changé. Aujourd'hui TSE propose un "networking day", une journée pendant laquelle les recruteurs viennent rencontrer les étudiants.

La Toulouse School of Economics est hébergée dans l'ancienne Manufacture des tabacs.
La Toulouse School of Economics est hébergée dans l'ancienne Manufacture des tabacs. © Radio France / Bruce de Galzain

Mais au final, les diplômés de TSE sont assez peu nombreux à s'orienter vers la recherche. Les trois-quarts des diplômés sont recrutés comme économistes par des entreprises publiques ou privées. L'objectif de l'école est bien de tisser des liens étroits avec les entreprises, tout en se distinguant des grandes écoles de commerces comme HEC. TSE trouve, petit à petit, sa place avec son modèle à part, presque gratuit et sans sélection au début (1.500 éleves les deux premières années, puis de 200 à 250 les trois dernières).

L'excellence toulousaine

TSE veut jouer dans la cour des grands, comme Harvard ou la London School of Economics (LSE) en Angleterre. Joël Etchevarria, directeur délégué de TSE :

On dit toujours que c'est mieux à l'étranger. Mais si vous interrogez les étudiants de TSE, vous verrez qu'il y a beaucoup d'Allemands, de Chinois, d'Américains, de Russes. Parce qu'ils savent qu'il n'existe en Europe que deux centres de très haut niveau dans l'enseignement : LSE à Londres et TSE à Toulouse. Mais il y a beaucoup de communication à faire pour convaincre les entreprises que des économistes peuvent leur être utiles.

TSE fait partie de l'Université de Toulouse 1.
TSE fait partie de l'Université de Toulouse 1. © Radio France / Bruce de Galzain

TSE est financée en partie par l'État, via le programme "Investissements d'avenir", mais aussi par des contrats de partenariat (AXA, Banque de France...). Jacques Crémer s'occupe de ces partenariats avec les entreprises :

C'est dans l'ADN de la maison. Depuis les années 1990, nous signons des contrats nous engageant à créer une équipe qui devient une des meilleures du monde dans l'étude de l'industrie de notre partenaire. C'est ainsi que nous avons la meilleure équipe au monde en économie postale à Toulouse.

Avec cette équipe, TSE a participé à l'ouverture à la concurrence du marché postal, en étudiant le financement du service universel par les concurrents de la Poste.

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