Campement Roms Paris
Campement Roms Paris © Radio France / Charlotte Perry

Il y a une semaine jour pour jour, les forces de l'ordre ont évacué le plus grand bidonville parisien, porte de Clignancourt. Le campement est désormais détruit, les 250 Roms qui y vivaient ont été dispersés. Depuis, que deviennent-ils ?

C'est une vie d'eerrance qui continue. Daniel a 28 ans, il ne compte plus les fois où il a dû quitter un campement depuis cinq ans. Il explique être "très fatigué de ça". Pour l'accompagner, une bénévole de Médecins du monde qui le connaît depuis leur évacuation d'un autre camp, celui de la Courneuve.

Évacuation, réinstallation à la Courneuve, puis à Saintt-Denis, Bobigny, à nouveau Saint-Denis, à nouveau la Courneuve, porte de la vilette et dernier terrain, dans le 18e arrondissement détaille Livia Otal de Médecins du monde

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Zoom 1 roms évacués

Le matin de l'évacuation du bidonville, quelques dizaines de personnes ont été conduites dans des hôtels en région parisienne, comme à Gennevilliers ou Maurepas. L'hébergement y est garanti pour 15 jours . Mais finalement peu de Roms sont restés. La plupart est partie s'installer la veille de l'évacuation surun terrain d'Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis). Un cam dans un petit bois en zone industrielle qui n'a tenu que 48 heures. Propriété des militaires, il a été jugé dangereux par le Préfet qui a faitévacuer la zone à la tombée de la nuit. Les familles y ont abandonné de nombreuses affaires, des matelas, des vêtements. Alors le groupe d'une centaine de personnes originaires de la région de Craiova en Roumanie, est finalement venu grossir un autre bidonville de région parisienne : celui de Saint-Denis où vivent 600 à 700 Roms le long des voies ferrées.

Comment sortir de la marginalité sans domicile fixe ?

La vie en bidonville a beau être précaire, elle permet au moins à certains enfants d'aller à l'école. Léo Larbi est militant à L'école de la rue, qui aide à la scolarisation des enfants.

Il y avait un nombre très important d'enfants scolarisés avant l'expulsion de mercredi dernier. L'évacuation est d'autant plus déplorable que les enfants et les parents étaient dans une dynamique sérieuse et avancée pour la scolarisation raconte Léo Larbi de l'association L'école de la rue

Les expulsions ne font que les vulnérabiliser, les précariser de plus en plus , les enfants auraient pu apprendre le français depuis 2009, ils ne l'ont pas fait parce qu'ils ont été à chaque fois balloter d'un endroit à un autre, déplore Livia Otal de Médecins du monde

C'est comme ça qu'est née l'association Les Bâtisseurs de cabane . Elle propose de renoncer aux expulsions au profit de constructions temporaires , plus dignes "pour donner suite aux démarches engagées pour la santé, la scolarisation, le travai l". Des démarches qui ne peuvent pas aboutir lorsque les expulsions s'enchaînent.

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Zoom 5 roms évacués

Les Roms sont 20 000 à vivre en France, un nombre quasi stable. La France qui a été une nouvelle fois épinglée par l'ONU pour sa discrimination envers cette population.

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