A 4 mois de la présidentielle, la question des retraites revient sur le devant de la scène. En 2003, la réforme Fillon a fixé des grands axes mais elle prévoyait aussi de faire un point d'étape en 2008 pour remettre à plat certains paramètres comme la durée ou le taux de cotisation. 2008... Nous y voilà... ou presque ! A un an de l'échéance, le Conseil d'Orientation des retraites remettra demain jeudi au Premier Ministre ses propositions pour le débat qui s'ouvrira l'an prochain. Des propositions qui s'orientent inéluctablement vers un allongement de la durée de cotisation. Pour se faire une idée, quelques chiffres. En 2020, le quart de la population française aura plus de 60 ans. En 2050, ce sera le tiers. Il y aura donc de plus en plus de retraités par rapport aux actifs et surtout, comme l'espérance de vie augmente, on profitera de plus en plus longtemps de sa retraite. Evidemment, tout ça fragilise le système et met en péril le montant des pensions. Dans l'état actuel des choses, on estime qu'un cadre qui partira en retraite en 2020 touchera en moyenne 56% de son dernier salaire. Il en touchait près de 65% au tout début des années 2000. Pour compenser, les français qui en ont les moyens investissent pour leur retraite. Et c'est un gros succès pour l'assurance vie. Bénédicte Coste préside l'association française d'épargne retraite (interview). ça, c'est pour ceux qui capitalisent. Pour le reste, tout le monde est d'accord. Il va falloir durcir les règles du régime par répartition. Car la loi Fillon n'a pas tout résolu, loin de là. Financièrement, l'assurance vieillesse est dans le rouge. 3 milliards et demie d'euros de déficit prévus en 2007. Pour sauver le système, pas d'autre issue, il faudra travailler plus longtemps et cotiser davantage. Daniele Karniewicz préside la caisse nationale d'assurance vieillesse (interview). Revoilà précisément la brûlante question des régimes spéciaux. De plus en plus de voix s'élèvent pour qu'on réexamine cette question. Nicolas Sarkozy veut d'ailleurs une réforme sur le sujet s'il est élu. De fait, les régimes spéciaux qui représentent à peu près 4% des retraités n'ont pas été concernés par les réformes de 93 et 2003. Du coup, l'écart s'est creusé avec les autres salariés. Ce qui pose un problème d'équité devant la retraite. Bruno Palier est chercheur à Sciences Po et auteur d'un « Que sais-je » sur les retraites. Il reconnait ce problème d'équité, mais pour lui ce n'est pas le seul (interview). Dans son rapport, le conseil d'orientation des retraites plaide aussi pour qu'on encourage l'emploi des seniors et qu'on maintienne le plus possible au travail les plus de 55 ans. Facile à dire… Dans les faits, les entreprises ont encore beaucoup de mal à recruter des quinquas, beaucoup de mal aussi à leur donner envie de rester. C'est ce que constate encore la présidente de la CNAV, Danièle Karniewicz (interview). En France le taux d'emploi des plus de 55 ans est parmi les plus faibles en Europe. Il atteint à peine 37%. Un dossier de Véronique Julia.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.