Un reportage signé Nasser Madji La révolte sans précédent que connaît la Tunisie depuis la mi-décembre contre le chômage a dégénéré ce week-end en émeutes sanglantes, faisant quatorze morts à Thala et Kasserine selon le gouvernement. Un bilan donné par les autorités tunisiennes qui semble largement sous-estimé. Nasser Madji revient tout juste de Tunisie. Ce que je peux vous dire c'est que selon une source médicale, rien qu'à l'hôpital régional de Kassrine, dans le centre ouest, on a dénombré 23 cadavres entre samedi soir et hier soir 23 heures. Quatre autres personnes sont également mortes à Regueb près de Sidi Bouzid, ce qui fait au moins 27 morts la, plupart tués par balles en seulement 24 heures. Ces événements sont les plus sérieux qu'a connus la Tunisie depuis plus de 25 ans. Un tournant dans l'histoire du pays, selon la militante des droits de l'Homme, Radhia Nasraoui. Interview de Radhia Nasraoui Il y a également énormément d'arrestations et un nombre non défini de personnes dont ont est aujourd'hui sans nouvelles. En Tunisie, une garde à vue, c'est 3 jours renouvelables au bon vouloir des policiers. Les avocats tunisiens sont débordés quand ils ne sont pas eux mêmes inquiétés. Martin Pradel est un avocat français envoyé en Tunisie par la Fédération internationale des droits de l'Homme. Interview de Martin Pradel Avocats maltraités, journalistes baillonés et blogueurs poursuivis, depuis le début des évènements, c'est Facebook, Twitter et les blogs qui relaient l'information. Les blogueurs, ce sont un peu les nouveaux héros de la Tunisie. Comme en Iran, ils bradent l'interdit et mettent sur la toile, vidéos, photos ou commentaires malgré la censure. J'ai rencontré Lena, 27 ans, alias Tunisian Girl sur Internet. Lors de mon séjour à Tunis, j'étais surveillé 24 heures sur 24 heures par la police et mes conversations étaient très probablement écoutées. Les rencontres se faisaient donc des endroits secrets, parfois même dans des cages d'escaliers mais jamais dans la rue. Et un Tunisien n'a pas le droit d'inviter d'étranger chez lui. Il a donc fallu, pour rencontrer cette jeune fille, semer les policiers et faire vite. Interview de Lena/Tunisian Girl C'est grâce notamment à cette jeune femme qu'on avait appris la mort Mohamed Bouazizi 26 ans. Ce marchant de légumes décédé après s'être immolé est devenu, en Tunisie, le symbole de cette révolte sans précédent contre la précarité sociale et le chômage. Interview de professeur Mahmoud ben Rhomdane, économiste, ancien président d'Amnesty International Hier, le gouvernement tunisien a redit qu'il comprenait les revendications de la population et déclaré aussi "que les Tunisiens s'exprimaient librement". Il a également fustigé les médias étrangers, accusés de déformer les faits.### liens

Dossier spécial de la rédaction sur les émeutes sanglantes en Tunisie

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