Aujourd'hui, s'ouvre à Genève en Suisse le procès de Cécile Brossard. Elle est accusée d'avoir tué, le 28 février 2005, son amant Edouard Stern, un éminent financier français. L’affaire avait défrayé la chronique, tant par les circonstances de la mort, que par la personnalité de cet homme et de cette femme. Edouard Stern rencontre Cecile Brossard en 2001 dans un dîner. Lui, qui porte beau la cinquantaine ; elle, jolie blonde au charme hypnotique. Ils ne sont pas du même monde, qu'importe. Elle n'est pas vraiment libre, elle vit avec un autre homme, qu'importe. La passion va être plus forte. Pendant 4 ans, ils vont échanger des milliers d'emails, des centaines de SMS, voyager ensemble, jusqu'au jour où Cécile va lui demander de l'épouser. Le banquier finit par accepter. Elle y ajoute un gage, pour son indépendance, dit-elle. Il doit déposer sur son compte un million de dollars. Edouard Stern accepte. Elle promet alors de le lui rendre mais ne le fait pas et ce million va être le catalyseur. De dispute en dispute les deux amants finissent par se retrouver ce soir de février, chez lui, et voilà qu'en plein ébat amoureux, raconte Cécile Brossard aux enquêteurs, Edouard Stern lui lance la phrase qui va tout déclencher, explique l'un des avocats de la jeune femme, Pascal Maurer (interview). Cécile Brossard fuit la Suisse quelques jours, revient à Genève, et va finir par avouer. Le fait divers n'a pas manqué de secouer le pays des coucous, du chocolat et du secret bancaire. La mort d'un banquier tué de quatre balles chez lui, vêtu d'une combinaison de latex, c'est en soi inhabituel. Mais quand on sait qu'il est la 38ème fortune de France et l'ami de Nicolas Sarkozy, probable candidat à la présidentielle, ça fait beaucoup. D'ailleurs, les scénarios les plus farfelus vont être échaffaudés. Ils seront balayés, tout comme l'aspect sexuel particulier de leur histoire - ça arrange tout le monde. Désormais, il ne reste plus que l'épilogue tragique d'un huis clos passionnel, entre un homme riche et séduisant et une femme, ancienne vendeuse dans une boutique de luxe à Roissy, qui aurait voulu être une artiste. De là, deux thèses vont s'affronter. Meurtre passionnel ou pas, s'il y a amour, il y a aussi calcul pour Marc Bonnan, l'avocat de la famille Stern (interview). Pour le défenseur de Cécile Brossard, Pascal Maurer, il y a deux responsables (interview). Incarcérée depuis quatre ans, Cécile Brossard a déjà fait plusieurs séjours en hôpital psychiatrique, ne se nourrissant plus, obsédée par le fantôme d'Edouard Stern, raconte Pascal Maurer (interview). Cécile Brossard est-elle pleinement maîtresse de ses actes ou bien une femme à la personnalité « border line » depuis longtemps, comme le disent les psychiatres ? C'est la principale question à laquelle les jurés devront répondre. Cécile Brossard encoure entre 10 et 20 ans de prison maximum. Une enquête de Nathalie Hernandez.

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