Dans la nuit du 19 au 20 mai, en un quart d'heure, un ou plusieurs voleur faisaient main basse sur cinq chefs-d'oeuvre au musée d'art moderne de la ville de Paris : des toiles de Braque, Léger, Picasso, Matisse et Modigliani… La valeur du butin : plus de 100 millions d'euros... Aujourd’hui, le musée va rouvrir, malgré le choc de ce « fric-frac » exécuté avec une incroyable facilité... Les défauts du système de sécurité étaient connus depuis longtemps, ils ont même inspiré un artiste, Renaud Auguste Dormeuil, passioné par les obsessions sécuritaires. En 2001 il crée une oeuvre, "Excuse de provocation", un audio-guide qui promène le visiteur dans les failles du système. En 2007 un rapport parle de situation déplorable du Musée d'art moderne, malgré quatorze millions d'euros de travaux, qui ont favorisé la sécurité incendie au détriment du reste... Depuis, la ville de Paris avait réagi : installation d'un nouveau système anti-intrusion qui, on le sait, était en panne il y a trois semaines. Les voleurs vont plus vite que l'administration. (interview de Fabrice Hergott, directeur du musée) Il faut rassurer les préteurs car les oeuvres valent de plus en plus cher. Pour les faire bouger, il faut donc remplir un cahier des charges sécurité et payer de lourdes primes d'assurances... Qui dépassent parfois la valeur de l'oeuvre! Et le rôle des assureurs c'est aussi de prévenir, pas seulement de payer. Olivier Morane, du cabinet Morel et Cie avoue que dans son métier, on en voit des vertes et des pas mûres... (interview Olivier Morane) En France, le constat est très inégal. Il y a des oeuvres majeures dans de petits musées de province qui sont en danger. A Paris, la ville qui a la charge de quatorze musées a lancé un immense chantier, très coûteux et pas encore bouclé. Quant au plus grand de tous, le Louvre, depuis une dizaine d'années et après quinze millions d'euros de travaux, il ne lui est rien arrivé de grave... Mais la sécurité absolue n'existe pas, sinon, le public ne verrait plus les oeuvres que sous des cloches de verre. Alors, même au Louvre, il s'en passe des choses, c'est ce que raconte à Lucile Brehaut, Didier Rykner, historien d'art et créateur du site latribunedelart.com. (interview) ____Un reportage de Thierry Fiorile.

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