Pour la journée spéciale indépendance africaine aujourd’hui sur France Inter, reportage sur le port de Lomé, au Togo, et sa zone franche. 50 ans après l'indépendance du pays, les entreprises étrangères, et notamment françaises, exploitent des milliers d'employés locaux dans le port de Lomé. D'immenses grues sont à l’œuvre pour décharger des cargos géants. Des conteneurs sont entreposés ici à perte de vue. C'est le seul port en eau profonde d'Afrique de l'ouest. Il dessert le Togo mais aussi tous les pays du Sahel (Bourkina Faso, Niger, Mali). Le Français Bolloré en a pris le contrôle l'an dernier. Il y a donc ici une zone franche, qui offre des conditions très avantageuses à quelque 60 entreprises, presque toutes étrangères. Une dizaine sont françaises. Yves Dossou dirige une association de promotion des droits de l'Homme au Togo. Il dénonce les privilèges dont bénéficient ces entreprises (interview). D'après les syndicats, dans cette zone franche du port de Lomé, les employeurs ne respectent pas le droit du travail. Une grande partie des employés ne gagnent même pas le salaire minimum de 28.000 francs CFA par mois (un peu + de 40 euros). Beaucoup sont à temps partiel. En plus, le port est loin du centre de Lomé, d'où des frais de déplacement importants. Jean est titulaire d'une licence de lettres modernes. Il n'a pas d'autre choix que de travailler à la chaîne dans une usine d'emballage de la zone franche pour faire vivre sa femme et ses deux enfants. Il regarde avec envie ses patrons indiens arriver chaque jour au travail en confortable berline (interview). _____ Un reportage signé Franck Mathevon.

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.