Musulmans au congrès des musulmans de France, au Bourget, en 2014
Musulmans au congrès des musulmans de France, au Bourget, en 2014 © MaxPPP

Le 4 avril dernier, Manuel Valls lançait ce propos polémique: "Les salafistes ne représentent que 1% des musulmans de notre pays, mais on n'entend qu'eux ."

Le salafisme se définit comme un retour à l'islam des origines, et l'Arabie Saoudite en est le principal promoteur.

N'entend-on vraiment que les salafistes dans nos quartiers? C'est ce que Géraldine Hallot a tenté de savoir, en se rendant à Saint-Denis, au nord de Paris.

Un jour de marché à Saint-Denis, ville aux 110 nationalités, on croise des africaines en boubous, des fidèles qui sortent de la Basilique toute proche, et des femmes voilées. Ici la grande majorité des musulmanes portent un voile discret qui ne couvre que les cheveux.

En revanche, chez les jeunes filles, le jilbeb , au dire des habitants, fait de plus en plus d'adeptes. Comme Ikram et Fatima, par exemple, deux lycéennes de 17 et 19 ans, dont on ne voit que l'ovale du visage, mais qui enlève leur jilbeb quand elles sont en classe. En revanche à l’extérieur, elles revendiquent une pratique très rigoureuse de l’islam, qu’elles qualifient elles-même de " salafistes ".

On ne peut pas dire qu’il y a un " islam de France ". Il n’y a qu’un seul islam et je ne veux pas suivre un 'Islam de France'. Je ne veux pas mettre de barrière à mes convictions les plus strictes comme porter le voile (Fatima, lycéenne de Saint-Denis) Je pense que si toutes les femmes du monde étaient voilées, il n’y aurait plus de viols » (Ikram, Lycéenne de Saint-Denis) Elles abandonnent le territoire aux hommes. On s’est battues pour pouvoir décider de notre corps et de notre avenir, notre indépendance, et là, oui, je suis inquiète (Anna, habitante de Saint-Denis depuis 30 ans)

Au-delà de cette présence plus visible et revendiquée de l'Islam, se pose aussi la question du financement des mosquées . La mairie de Saint-Denis assure qu’aucun fond qatarie ni saoudien ne se trouve derrière les lieux de culte dyonisiens, mais les réponses ne sont pas les mêmes du côté de l’association chargée de la construction de la future grande mosquée.

On a des fonds qui sont venus de l’étranger. On a dû montrer patte blanche au ministère des affaires étrangères. Tout est transparent : ça vient des fidèles d’Arabie Saoudite et du Qatar (Ahmed Jamaleddine, trésorier de l'association Amal qui pilote le chantier de la "Grande Mosquée de Saint-Denis" prévue avant la fin de l'année)

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