Le 10 mars 1959, au Tibet, la population se rebelle contre l’occupation chinoise. La répression de Pékin est sévère. Le Dalaï Lama, alors âgé de 24 ans, s’exile en Inde. Et c’est de là, à Dharhamsala précisément, que, 50 ans plus tard, il a lancé ce matin un nouvel appel à l’autonomie du Tibet. Reportage de Mouhssine Ennaïmi à Dharhamsala. Comment ce 50ème anniversaire du soulèvement tibetain est-il perçu en Chine ? Pas un mot sur ce 50ème anniversaire, mais une opération de propagande sur la réforme démocratique du Tibet. Des spectacles et une exposition célèbrent la fin d’un régime théocratique, que la Chine décrit comme un enfer pour les Tibétains. La campagne de communication, largement relayée par la presse officielle, cible aussi le Dalaï Lama, présenté comme un agitateur séparatiste, qui veut l’indépendance du Tibet. Hier, le président Hu Jintao, qui fut gouverneur du Tibet, a fait des déclarations publiques, prônant l’édification d’une grande muraille contre le séparatisme et la sauvegarde de l’unité de la mère patrie. « Les groupes de sabotage du Dalaï Lama représentent la plus grosse menace contre le développement économique du Tibet », écrit « Le quotidien du peuple », « mais il ne réussira pas à bloquer les progrès de la société tibétaine ». Depuis un demi siècle, la Chine n’arrive pas à ramener le calme dans sa province tibétaine. Zhang Boshu est l’un des intellectuels chinois les plus critiques envers le gouvernement. Il est l'un des signataires de la charte 08 pour la democratie en Chine, et explique pour quelles raisons (interview). Impossible aussi aujourd’hui, de lire, dans la presse chinoise un reportage indépendant sur le Tibet. Les journalistes étrangers qui ont tenté de se rapprocher de cette zone qui leur interdite - excepté dans le cadre de reportages encadrés par les officiels chinois - ont des difficultés pour travailler. L’équipe de France 24 qui filmait et interviewait des Tibétains a été arrêtée par la police ce matin à Chengdu dans le Sichuan, province proche du Tibet, pendant plus de deux heures. Une équipe de l’agence France presse a été expulsée d’un monastère ce matin. Le club des correspondants étrangers en Chine demande au gouvernement chinois de respecter ses engagements en matière de liberté de la presse. Depuis l’an dernier, il existe en Chine une règlementation permettant aux journalistes étrangers de travailler librement, mais elle n’est pas respectee. Dominique André en direct de Pékin.

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