jean léonetti chargé d’une nouvelle mission sur la fin de vie, avec un autre député
jean léonetti chargé d’une nouvelle mission sur la fin de vie, avec un autre député © reuters

Le débat sur la fin de vie s'ouvre ce mardi à l'Assemblée nationale. Frédéric Pommier a recueilli le témoignage d'une femme qui a choisi d'aller mourir en Suisse le mois dernier.

Elle s'appelait Fabienne Bidaux, elle avait 48 ans et elle était atteinte d'un cancer généralisé. Son dernier rêve, avant de mourir : que la France légalise l'euthanasie et permettre à chacun de mourir dans la dignité.

Fabienne était bibliothécaire, responsable d'une médiathèque à Colombelles près de Caen. Frédéric Pommier l'a rencontrée cinq jours avant sa mort. Fabienne Bidaux était atteinte d'un cancer généralisé diagnostiqué en 2010..

► ► ► Écoutez le témoignage complet de Fabienne au micro de Frédéric Pommier

Lorsque Fabienne Bidaux a appris qu'elle était atteinte d'une maladie incurable, elle a tout d'abord accepté les traitements proposés. Mais ceux-ci l'ont plongé dans un tel état d'épuisement qu'lle a finalement décidé, au bout de dix-huit mois, d'arrêter les soins les plus lourds. Et pour elle, cette dédision fut comme une première victoire sur la maladie.

Après avoir subi des traitements épuisants (dont elle savait qu'ils ne pourraient pas la soigner), Fabienne a choisi il y a deux ans de contacter une association qui aide les gens à mourir.

Cela se passe en Suisse. Les démarches coûtent 8.000 euros, voyage non compris et là-bas on appelle ça "le suicide assisté".

La mère de Fabienne Bidaux regrette profondément que la procédure se passe à l'étranger. Prendre le train clandestinement, n'en parler qu'aux plus proches. Mais elle a soutenu la démarche de sa fille dès le début.

Fabienne Bidaux est morte le 16 février, cinq jours après cette interview, entourée de sa famille et de quelques-uns de ses amis dans la banlieue de Zurich. Elle aurait préféré pouvoir mourir chez elle. Elle a souhaité laisser un dernier message, son dernier rêve avant de mourir : que la France légalise enfin l'euthanasie.

Parmi les personnes qui ont accompagné Fabienne Bidaux en Suisse, il y avait son ami Jean-Yves. Un collègue devenu un ami. Jusqu'au bout, il est resté à ses côtés. Toutefois, cinq jours avant sa mort, il expliquait qu'il serait incapable de prendre pour lui-même une telle décision et qu'il se désolait que la mort de Fabienne soit, finalement, si brutale.

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