Par Emmanuel Leclère Le deuxième tour de la présidentielle en Côte d'Ivoire a été finalement fixé hier au 28 novembre prochain. Emmanuel Leclère avait couvert pour France Inter le premier tour du scrutin. Avant d'évoquer les enjeux et les risques d'un second tour qui pourrait être explosif, on fait le point sur la nouvelle grande muette, du moins en apparence. La diplomatie française brille par sa discrétion. Après le bras de fer guerrier Chirac/Gbagbo du début de la décennie, vécu en novembre 2004 comme une seconde indépendance par les partisans, les jeunes patriotes du chef de l'état, l'Elysée n'a cherché qu'une seule chose : recoller les morceaux en favorisant la réduction de la dette du pays et surtout en laissant les acteurs économiques négocier directement les grands contrats. Si l'on regarde les dernières signatures avec les grandes multinationales françaises ces derniers mois, les temps ont bien changé. Bouygues pour un pont, Vinci à Yamoussoukro, Bolloré qui renouvelle son bail pour la gestion d'une partie du port d'Abidjan, Orange qui annonce hier la création d'une plateforme technologique régionale... On pourrait évoquer également l'arrivée de Total qui a récupéré deux gisements pétroliers en eaux profondes dont un avec une réserve d'un milliard de barils. Et là, difficile de ne pas faire le lien avec ce qui s'est passé du côté de Washington sur la réduction de la dette ivoirienne. C'est là que la diplomatie française a été la plus active avec un tandem Sarkozy/Strauss-Khan. On écoute Frédéric Lejeal, le directeur de La Lettre du continent , spécialiste de l'Afrique de l'Ouest. Dominique Strauss-Khan a envoyé l'un de ses proches à Abidjan, Jean-Christophe Cambadélis, pour aller soutenir l'ami socialiste Laurent Gbagbo. Et pourtant, la France s'est bien gardée de prendre officiellement position pour l'un ou l'autre des candidats en lice, parce que les relations sont bonnes, voire très bonnes, désormais avec les deux finalistes. Que ce soit Gbagbo ou Ouattara, il y a peu de risques que les contrats signés ces derniers mois soient remis en cause. D'un autre côté, Allassane Ouattara n'a jamais caché sa proximité personnelle et politique avec Nicolas sarkozy, qui l'avait marié à Neuilly. Ce qui est certain, c'est que la neutralité diplomatique de Paris a été plutôt bien perçue en Côte d'Ivoire, ce que confirme la seule candidate du premier tour : la grande juriste ivoirienne Jacqueline Oble. En réalité, la seule grande crainte de Paris, c'est de voir à grande échelle ce qui s'est malheureusement passé il y a dix ans entre les militants de Ouatarra, exclu du scrutin présidentiel, et ceux de Gbagbo. Gilles Yabi était à l'époque chercheur à l'International crisis group.### liens

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