La fin du monopole de l'ANPE. Depuis janvier 2005 et la loi de cohésion sociale, c'est une réalité. Le reclassement des chômeurs peut être confié à des entreprises privées. Ces deux prochaines années, 100.000 chômeurs vont être suivis par des cabinets privés. L'ANPE est désormais soumise très officiellement à la concurrence. Et ça ne lui plait qu'à moitié. C'est vrai que depuis bientôt deux ans, l'Unedic peut confier des chômeurs à des cabinets de recrutement ou des agences d'intérim. Elle en a déjà fait l'expérience l'an dernier sur des chômeurs volontaires. Ces chômeurs étaient tous menacés de tomber dans un chômage de longue durée. Exemple avec Marie-Christine Deroo: Elle a 53 ans, elle a travaillé 30 ans dans le secteur du textile à Roubaix dans le Nord, elle a été licenciée en juillet 2005. A l'époque, dès son inscription à l'assurance chômage, l'Unedic lui a tout de suite proposé de se faire accompagner par une société privée, la société Ingeus et là, en dix mois, Marie-Christine a retrouvé du travail (interview). La société privée qui a pris en charge Marie-Christine s'appelle donc Ingeus. Ingeus a suivi plus de 5 000 chômeurs l'an dernier et elle se flatte d'avoir obtenu de très bons résultats. Il faut dire qu'elle y met les moyens. Jean-Louis Tauzin est son directeur général pour la France (interview). Beaucoup de moyens, un suivi personnalisé, évidemment, ca se paie. Ces cabinets privés, l'Unedic les paie cher - ça lui coûte en moyenne 3500 euros par demandeur d'emploi reclassé. A titre de comparaison, l'ANPE perçoit à peu près 700 euros par chômeur, c'est-à-dire 5 fois moins. C'est cher, mais l'Unedic dit pourtant qu'elle s'y retrouve. Annie Thomas est la présidente CFDT de l'Unedic (interview). Tous les syndicats ne sont pas sur la même ligne que la présidente CFDT de l'Unedic. Force Ouvrière et la CGT sont depuis le début très hostiles à ce recours au privé. Eric Aubin de la CGT y voit plusieurs dangers (interview). Du côté de l'ANPE, il y a aussi des grincements de dents. La direction comme les syndicats de l'ANPE ont l'impression d'etre taxés d'inefficacité et bien sûr, ça ne leur plait pas du tout. Philippe Sabatere est secrétaire national du syndicat SNU-ANPE (interview). Justement, dans cette guerre public privé, l'ANPE prépare la contre attaque. Elle va lancer cette année une opération concurrente de celle des opérateurs privés. Elle va proposer à 40 000 chômeurs un suivi personnalisé. 500 conseillers de l'ANPE seront affectés au dispositif et chacun d'entre eux suivra non plus 130 mais seulement 60 chômeurs. L'objectif, évidemment, c'est de montrer qu'en se mettant dans les mêmes conditions que le privé, l'ANPE obtient sensiblement les mêmes résultats. Un dossier de Véronique Julia.

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