La France est l'un des pays les plus féconds en Europe et pourtant elle manque de crèches ! En campagne pour les municipales depuis hier, le maire de Paris Bertrand Delanoë en fait un argument clef. Il a annoncé 4 500 places en crèche supplémentaires d'ici 2014. Faire garder les enfants est un vrai casse tête. Entre nourrices agréées et haltes garderies, la crèche est souvent la meilleure solution. Il y a plusieurs types de crèches mais certaines ne se développent que depuis une dizaine d'années. Exemple dans une commune où les parents ont opté pour une crèche associative. Babiloup est une crèche de 30 berceaux, ouverte 24 h sur 24 et 7 jours sur 7, ce qui est rarissime. Ca se passe dans les Yvelines à Chanteloup-les-Vignes, au coeur d'une grande cité HLM. Et ce sont les femmes du quartier qui ont décidé il y a plus de 15 ans d'ouvrir un établissement qui réponde exactement à leur besoin. Natalia Baleato, l'actuelle directrice de Babyloup participait déjà au projet (interview). Solution trouvée pour ces mamans aux horaires décalés. Grand soulagement pour les parents chanceux des villes avoisinantes de Chanteloup-les-Vignes qui ont réussi à avoir une place pour leurs bambins. Tous sont ravis. Fini le stress et l'angoisse dans les bouchons sur l'autoroute, pendant les grèves de transport ou quand une réunion s'éternise. La crèche ne ferme pas. Et c'est ce qui plait aux parents. La flexibilité (interview). Les associations s'y sont mises. Et les sociétés privées aussi. Elles ont investi le marché de la petite enfance. Comme la société de Rodolphe et d'Edouard Carle, deux frères qui sortent d'une grande école de commerce. Ils ont lancé il y a 4 ans, une société prestataire de services qui s'appelle aussi Babilou mais sans P à la fin et qui est complètement différente. Le principe, c'est celui de la délégation de services publics. La société crée des crèches pour les communes, en échange, elle bénéficie de subventions. Ces crèches ont le même statut que les crèches municipales. Mais c'est Babilou qui fait tout le travail ce qu'explique le directeur Edouard Carle (interview). La Mairie garde le contrôle de la crèche puisque c'est elle qui attribue les places aux familles. Et c'est elle qui définit le style de la crèche qu'elle souhaite avoir au sein de sa ville. On a l'exemple à Nogent-sur-Marne où vient d'ouvrir depuis 2 semaines une toute nouvelle crèche de 60 berceaux, créee par Babylou pour la collectivité. Le maire a souhaité une crèche écolo. Babylou l'a fait. Visite avec la directrice (interview). Un système de crèche à la carte au même prix que dans les crèche associatives et les autres crèches municipales classiques. Les sociétés gèrent leur personnel petite enfance mais elles sont soumises au barèmes de tarification de la caisse d'allocations familliales. Des tarifs qui vont de 10 centimes d'euros à 4 euros de l'heure en fonction des revenus des parents. Ces tarifs ne sont pas obligatoires dans les crèches strictement privées, qui ne dépendent donc absolument pas de la collectivité. Elles sont entièrement financées par les parents ou les entreprises. Du coup, elles sont très chères. Pour un enfant qui reste à la crèche toute la journée 5 jours par semaine, comptez jusqu'à 1500 euros par mois. A ce prix là, mieux vaut lancer sa propre crèche associative, en plus c'est tendance. Un dossier de Sonia Ghezali.

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