EPR de Flamanville 1
EPR de Flamanville 1 © Interception / Pascale Pascariello

Révélations sur l’une des plus grosses affaires de travail illégal jamais découverte en France... Près d’un demi-millier d’ouvriers roumains et polonais étaient employés au mépris de la loi sur le chantier de l’EPR de Flamanville. Alertée, la justice a décidé de renvoyer trois sociétés (dont Bouygues, le numéro un français du BTP) devant le tribunal correctionnel. ► ► ► À ÉCOUTER | Secrets d’info, ce soir à 19H20 sur France Inter Nous sommes en 2010. À l’époque, plus de 3 500 personnes travaillent sur le chantier de l’EPR dans la Manche. La société Bouygues, qui conduit une partie des travaux, a eu recours à deux autres entreprises sous-traitantes. Ces deux sociétés emploient près de 500 salariés, essentiellement des Roumains et des Polonais. La question à laquelle personne ne peut répondre, c'est : "dans quelles conditions ?"L’Autorité de Sureté Nucléaire, tout comme l’URSSAF, finissent par saisir le parquet, et le procureur de la République Eric Brouillard diligente alors une enquête. Des poursuites sont ensuite engagées pour travail dissimulé.

Travailler plus, pour gagner moins

En l’occurrence, les Roumains et les Polonais avaient des salaires inférieurs au Smic, pas de congés payés, et des horaires pour le moins flexibles. Dans l’enquête menée par les policiers de l’office central de lutte contre le travail illégal, on découvre le cas d’un travailleur roumain qui a travaillé 11 mois sans interruption.Certains de ces ouvriers n’avaient aucune protection sociale. Employés par un bureau d’intérim basé en Irlande puis recrutés via un bureau fantôme installé à Chypre, ces ouvriers étaient totalement démunis. Malgré plusieurs demandes de notre part et contrairement à l'URSSAF, Bouygues n’a pas voulu nous répondre. Le procès pour travail illégal s’ouvrira le 21 octobre prochain devant le tribunal de Cherbourg.

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