Le projet a été l'objet de nombreux débats depuis plusieurs années. Le projet final, sur le site de l'hôpital Lariboisière, est pourtant loin des clichés qu'il a générés.

Espace de consommation de drogues à moindre risque à Paris
Espace de consommation de drogues à moindre risque à Paris © Radio France / Danielle Messager

Le terme "salle de shoot" avait de quoi faire peur. Ce sont d'ailleurs ses opposants qui l'ont le plus utilisé un peu hâtivement, quand le projet est en fait, plus précisément, une salle de consommation de drogues à moindre risque. Et avec beaucoup de précautions.

D'abord, la fameuse salle est une simple expérimentation sur six ans (le projet a été intégré dans la loi santé votée en décembre dernier). Elle a également été installée sur le site de l'hôpital Lariboisière, à cheval entre les 10e et 18e arrondissements, mais sans aucun mélange avec les patients : l'accès se fait par la rue, sans possibilité d'accéder à l'intérieur de l'hôpital. Il permettra en revanche de permettre aux usagers de ne pas immédiatement ressortir dans la rue (l'endroit comporte une salle de repos) et surtout de les mettre en contact avec des personnels sanitaires et sociaux.

C'est d'ailleurs l'un des objectifs de ce type de salles : permettre un contact avec des professionnels pour inciter les usagers à se soigner, mais aussi réduire les décès et les infections (dans les 90 salles existant déjà dans le monde, on constate une baisse des décès par overdose, divisés par deux) et même améliorer la situation pour les riverains. L'expérience montre ainsi une diminution de 70 % de la petite criminalité liée à la consommation de drogue dans les secteurs où se trouve une telle salle.

Les principales caractéristiques de la salle parisienne :

  • Superficie : 430 m²
  • Composée d'une salle de consommation (une salle d'injection avec six box particuliers et six places supplémentaires, et une salle d'inhalation), d'une salle de repos et d'un cabinet infirmier
  • La salle fournit le matériel : il est interdit d'arriver avec son propre matériel et de repartir avec celui de la salle
  • Ouverte 7j/7 de 13h30 à 20h30
  • La salle sera gérée par des personnes de Centres d'accompagnement à la réduction des risques chez les usagers de drogues (Caarud)
  • Les usagers seront enregistrés à leur première visite (mais de manière anonyme, avec un pseudo)

L'équipe

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.