Alors que l'Arménie organise pour la première fois le Sommet de la Francophonie, toutes les pensées des habitants d'Erevan iront vers Charles Aznavour qui aurait dû accompagner Emmanuel Macron sur place.

La Maison Charles Aznavour sur les hauteurs d'Erevan
La Maison Charles Aznavour sur les hauteurs d'Erevan © Radio France / Philippe Randé

Dans le nord d'Erevan, la capitale Arménienne, un immeuble à l'allure soviétique. À l'intérieur vit la famille de Margarita, 27 ans. Elle participera au Sommet de la Francophonie en hommage à Charles Aznavour. 

Margarita est la seule francophone de sa famille. Pendant que son père fume une cigarette devant la télévision, elle explique "_Mon grand-père ressemblait à Charles Azanavour. On écoutait "La Bohème" dans cet appartement avant ma naissance"._

Margarita, 27 ans, écoute Charles Aznavour avant d'aller travailler
Margarita, 27 ans, écoute Charles Aznavour avant d'aller travailler © Radio France / Philippe Randé

Depuis, Margarita ne passe pas une journée sans écouter celui qu'elle appelle Charles. Sa mort l'a bouleversé : "Chaque jour, suivant mon humeur, j'allume mon ordinateur et je choisis une chanson." 

Ce matin là, à 8h30 du matin, avant d'aller travailler, Margarita chante Emmenez-moi.

Un peu plus loin, à quelques kilomètres de là, se trouve l'UFAR, l'Université Française en Arménie. Un millier d'étudiants, quasiment tous arméniens, y sont inscrits.

"L'anglais n'est pas romantique, mais le français l'est"

85 % des étudiants de l'UFAR ne connaissaient pas un mot de français en arrivant. C'est le cas d'Areg, 20 ans, qui  a pris ses premiers cours il y a quatre ans : "Ma mère écoutait Charles Aznavour quand j'étais petit. Un jour, à l'âge de 5 ans, je lui ai demandé qui était ce chanteur. Elle m'a répondu : 'c'est Charles, c'est un grand patriote'. Ça m'a donné envie de parler le français. Je parle mieux anglais que français, mais pour moi, le français c'est la langue des émotions."

En Arménie, le nombre de personnes qui parlent français est faible. Le français n'est que la quatrième langue du pays après l'arménien, le russe et l'anglais. 

l'Université Française à Erevan
l'Université Française à Erevan © Radio France / Philippe Randé

Mais le français séduit de plus en plus. Pour Jean-Marc Lavest, le recteur de l'Université Française en Arménie, la région du Caucase est stratégique pour la France. Il y a 30 % d'augmentation des flux à l'école française.

"L'Arménie n'est pas un pays francophone, mais c'est un pays francophile"

Complicités culturelle et intellectuelle, tradition d'accueil de la France notamment après le génocide arménien le siècle dernier. Les ponts entre l'Arménie et la France, symbolisés par la cérémonie aux Invalides après la mort de Charles Aznavour, sont partout.

A Gyumri, dans le nord de l'Arménie, à deux heures d'Erevan, une école française existe depuis des dizaines d'années. Cette ville, ravagé par le séisme de 1988, est francophile et fière de l'être. Madame Agobian, professeur à l'école numéro 10 depuis vingt ans l'explique : "La France et Charles Aznavour avec sa fondation nous ont aidé à reconstruire cette école après le séisme. Nous sommes fidèles. Pour moi, le français, c'est l'amour. L'anglais est partout, mais ici les 173 enfants n'apprennent que le français."

L'école 10 à Gyumri
L'école 10 à Gyumri © Radio France / Philippe Randé

Une fidélité qui sera récompensée avec pour la première fois le sommet de la francophonie à Erevan. Chef d'États, délégations, spectacles, animations, l'Arménie va clamer son amour de la France. 

Comme un symbole, Emmanuel Macron, qui devait se déplacer au Sommet de la Francophonie avec Charles Aznavour, rendra hommage au chanteur disparu. Il se rendra symboliquement sur les hauteurs d'Erevan, pour visiter la Maison Aznavour. 

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